Par Délé Oliyidé
Dans un contexte africain globalement préoccupant, le pays figure parmi les mieux notés en Afrique de l’Ouest, sans toutefois franchir un cap décisif.
Avec un score de 45 points sur 100, identique à celui de 2024, le Bénin se classe 70ᵉ au plan mondial et 6ᵉ en Afrique. À l’échelle régionale, il occupe la 3ᵉ place au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la 2ᵉ dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), derrière le Sénégal (46 points). Cette stabilité traduit une résistance relative, mais aussi une absence de progression dans un environnement où plusieurs pays reculent.
Le Cap-Vert et le Sénégal en tête dans l’espace CEDEAO
Dans la sous-région ouest-africaine, le Cap-Vert reste le meilleur élève avec 62 points et une 35ᵉ place mondiale. Il devance le Sénégal, qui obtient 46 points et se classe 65ᵉ. Le Bénin suit immédiatement.
Viennent ensuite la Côte d’Ivoire et le Ghana, ex aequo avec 43 points chacun (76ᵉ rang mondial). Plus bas dans le tableau, la Gambie (37 points), la Sierra Leone (34 points) et le Libéria (28 points) affichent des scores qui traduisent une perception plus forte de la corruption dans la gestion publique.
D’autres pays de la CEDEAO apparaissent encore plus en difficulté : le Togo (120ᵉ rang), la Guinée et le Niger (142ᵉ), ainsi que le Nigeria (142ᵉ) et la Guinée-Bissau (161ᵉ).
Au Nigeria par exemple, les données de Transparency International mettent en lumière des tendances préoccupantes malgré des efforts institutionnels antérieurs. Le score faible, associé à un rang aussi bas, traduit un constat commun dans le monde sur la faiblesse des mécanismes de contrôle et sur la difficulté à instaurer une véritable transparence dans la gouvernance publique.
Les analyses complémentaires du pays font apparaître que près de 44% des citoyens déclarent avoir payé un pot-de-vin pour accéder à un service public et une proportion significative perçoit une aggravation de la corruption au cours des douze derniers mois, selon les indicateurs complémentaires de perception de l’ONG.
Une Afrique toujours en bas du classement mondial
Au niveau continental, seuls quatre pays africains dépassent la barre des 50 points : les Seychelles (68 points), le Cap-Vert, le Botswana et le Rwanda (58 points chacun). Le Bénin, bien que classé parmi les dix premiers en Afrique, reste donc en dessous de ce seuil considéré comme révélateur d’une gouvernance relativement solide.
L’édition 2025 de l’IPC souligne que l’Afrique demeure la région où la perception de la corruption est la plus élevée. Sur le continent, 16 pays ont vu leurs scores régresser par rapport à 2024, tandis que 14 seulement ont progressé. Plusieurs États, comme la Côte d’Ivoire ou la Namibie, enregistrent des baisses notables.
Transparency International rappelle que la corruption continue de fragiliser les institutions, de limiter l’accès aux services essentiels et de frapper plus durement les populations vulnérables. Elle souligne également que même des pays autrefois considérés comme stables voient leurs garanties institutionnelles s’éroder.
Un contexte mondial en nette dégradation
La tendance n’est pas uniquement africaine. Pour la première fois depuis plus d’une décennie, la moyenne mondiale de l’IPC chute à 42/100. Sur les 182 pays évalués, 122 obtiennent un score inférieur à 50, signe que la majorité des États peinent à maîtriser la corruption.
Le nombre de pays affichant des scores supérieurs à 80 a drastiquement diminué au cours des dix dernières années. Même certaines démocraties historiquement bien classées montrent des signes de recul.
Dans ce paysage mondial assombri, la position du Bénin apparaît relativement solide à l’échelle ouest-africaine, mais fragile au regard des standards internationaux. Le pays dirigé depuis bientôt dix ans par Patrice Talon reste dans le groupe des États perçus comme moyennement exposés à la corruption.
Classement 2025 des 12 pays de la CEDEAO à l’indice de perception de la corruption
1 - Cap-Vert (35ᵉ rang mondial)
2 - Sénégal (65ᵉ)
3 - Bénin (70ᵉ)
4 - Côte d’Ivoire (76ᵉ)
5 - Ghana (76ᵉ ex aequo)
6 - Gambie (99ᵉ)
7 - Sierra Leone (109ᵉ)
8 - Togo (120ᵉ)
9 - Libéria (136ᵉ)
10 - Guinée (142ᵉ)
11 - Nigeria (142ᵉ ex aequo)
12 - Guinée-Bissau (161ᵉ)