
Létondji Beheton , Directeur général de la SIPI-Bénin
Par Fortuné DOTIN
La Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) a été mise en lumière lors d'un webinaire consacré aux conditions de réussite des zones économiques spéciales (ZES) en Afrique. Organisée le 26 juin 2026 par la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (FERDI), en partenariat avec l'Agence française de développement (AFD), la rencontre a réuni chercheurs, économistes et praticiens autour des nouveaux leviers de compétitivité des plateformes industrielles sur le continent.
Invité à partager l'expérience béninoise, Létondji Beheton, directeur général de SIPI-BENIN S.A., est intervenu aux côtés de Patrick Plane, directeur de recherches émérite au CNRS (CERDI-Ferdi) et professeur à l'UM6P de Rabat, de Julien Gourdon, économiste à l'AFD, et de Sid Boubekeur, expert associé chez IMANI Development.
La compétitivité des ZES au-delà des avantages fiscaux
Au cours des échanges, le responsable de SIPI-BENIN a défendu l'idée que les zones économiques spéciales doivent désormais proposer aux industriels un environnement opérationnel capable de faciliter leur installation et leur montée en production. Selon lui, la disponibilité des infrastructures, l'accès à une énergie fiable, la qualité des services logistiques et la simplification des procédures administratives figurent aujourd'hui parmi les critères déterminants dans les décisions d'investissement.
Pour illustrer cette approche, Létondji Beheton s'est appuyé sur le modèle développé au sein de la GDIZ. Créée en 2020 dans le cadre d'un partenariat entre l'État béninois et le groupe ARISE, la plateforme industrielle accueille aujourd'hui 36 investisseurs, dont une vingtaine d'unités de production déjà opérationnelles. Les activités couvrent plusieurs filières, notamment le textile, la transformation de la noix de cajou, du soja, du karité et du bois, ainsi que les industries pharmaceutique, électronique et céramique.
La GDIZ présentée comme illustration du modèle béninois
Le directeur général de SIPI-BENIN est également revenu sur le fonctionnement de la zone, construit autour d'un modèle dit « plug and play ». Celui-ci permet aux investisseurs de disposer de parcelles déjà viabilisées et raccordées aux principaux réseaux, tandis qu'un guichet unique regroupe les principales administrations intervenant dans les formalités douanières, fiscales et administratives. L'objectif, a-t-il expliqué, est de réduire le délai entre la décision d'investissement et le démarrage effectif de la production.
La filière textile a également été présentée comme l'une des illustrations de cette dynamique industrielle. Selon les chiffres communiqués lors du webinaire, la GDIZ transforme près de 40 000 tonnes de fibres de coton par an en produits destinés aux marchés internationaux, avec des exportations vers l'Europe, les États-Unis et plusieurs pays africains.
À travers ce partage d'expérience, la GDIZ a alimenté les réflexions des participants sur l'évolution des zones économiques spéciales en Afrique. Les échanges ont notamment porté sur les conditions nécessaires pour renforcer leur attractivité et soutenir le développement d'une industrialisation davantage orientée vers la transformation locale et la création de valeur.




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