Par Brunelle TCHOBO
L’initiative vise à faire évoluer une collaboration jusque-là fragmentée vers un co-investissement programmatique à grande échelle, aligné sur les priorités économiques du continent. Les deux partenaires entendent ainsi mutualiser leurs bilans, leurs capacités de financement à long terme et anticycliques, ainsi que leur expertise sectorielle, afin de mobiliser des volumes de capitaux publics et privés plus importants et mieux coordonnés.
Cette dynamique intervient dans un contexte marqué par un déficit croissant de financement du développement en Afrique. Les besoins sont particulièrement pressants dans des secteurs clés tels que l’accès à l’énergie, la résilience climatique, la sécurité alimentaire, l’intégration régionale et la croissance tirée par le secteur privé.
Les échanges ont porté sur des leviers concrets pour améliorer la préparation conjointe des projets, harmoniser les approches de financement et renforcer le dialogue politique. L’objectif affiché est de soutenir des programmes de développement portés par les pays africains, tout en garantissant un impact mesurable et une résilience à long terme des investissements.
Cette rencontre s’inscrit également dans la vision de la Banque africaine de développement de promouvoir une nouvelle architecture financière africaine. Celle-ci vise à mieux intégrer les institutions de financement du développement, les fournisseurs de garanties, les assureurs, les marchés de capitaux et les investisseurs privés, dans le but de renforcer la souveraineté financière du continent.
La déclaration commune adoptée fixe les bases de cette coopération renouvelée. Elle définit les domaines prioritaires, traduit la vision politique partagée en orientations opérationnelles et prévoit des mécanismes institutionnels de suivi pour encadrer la mise en œuvre du partenariat.
En 2026, les deux parties envisagent l’élaboration d’un cadre opérationnel précisant les modalités de cofinancement, la coordination des pipelines de projets et une programmation conjointe régulière. Le texte reconnaît par ailleurs le rôle central du Fonds africain de développement, guichet concessionnel du groupe de la BAD, notamment dans l’appui aux pays à faible revenu et aux États fragiles.
Créé en 1975, le Groupe de coordination arabe réunit dix institutions financières arabes nationales, régionales et internationales. Avec plus de 13.000 prêts accordés à plus de 160 pays, l’ACG s’est imposé comme l’un des partenariats de développement les plus influents au niveau international.