Selon le rapport de l'ONU Commerce et Développement (CNUCED) intitulé Global Investment Trends Monitor, publié le mardi 20 janvier, l’Afrique du Nord demeure la région la plus touchée, avec une baisse de 67% de ses investissements par rapport à 2024. Le volume des flux de capitaux investis en 2025 s’évalue à 17 milliards de dollars, contre 51 milliards l’année précédente.
La forte augmentation enregistrée en 2024 s’explique en grande partie par la réalisation du mégaprojet touristique et urbain de Ras El-Hekma, en Égypte. Ce projet est porté par Abu Dhabi Developmental Holding Company, le fonds souverain de l’émirat d’Abu Dhabi. À l’inverse, l’Afrique subsaharienne a capté 42 milliards de dollars d’investissements en 2025, soit un recul limité à 6% par rapport à 2024.
Globalement, les flux d’investissements vers le continent africain s’inscrivent dans la tendance baissière observée dans les économies en développement, où les IDE ont diminué de 2%, pour se stabiliser à 877 milliards de dollars, représentant environ 55% des flux mondiaux. Toutefois, les pays en développement demeurent les plus pénalisés, avec près des trois quarts des économies à revenu intermédiaire ayant enregistré une stagnation ou une baisse des investissements.
À l’opposé, les économies développées ont connu une croissance spectaculaire de 43% sur la même période, atteignant 728 milliards de dollars. Cette augmentation a été consolidée par les performances de l’Europe et des centres financiers. L’Union européenne a ainsi enregistré une progression de 56%, soutenue par d’importantes opérations de fusions-acquisitions transfrontalières et un redressement marqué dans des pays comme l’Allemagne, la France et l’Italie.
À l’échelle mondiale, les IDE ont progressé de 14% en 2025, pour avoisiner les 1.600 milliards de dollars, dont plus de 140 milliards proviennent de l’augmentation des flux transitant par les centres financiers mondiaux. Toutefois, hors flux de transit, les investissements directs étrangers n’ont crû que de 5%, révélant une reprise hésitante masquée par des faiblesses structurelles persistantes.
La même source souligne une baisse de 10% des investissements étrangers dans les infrastructures, principalement due au recul des projets d’énergies renouvelables, mais compensée par des investisseurs nationaux. Cette évolution pourrait creuser un fossé dans les pays à forte dépendance financière vis-à-vis du financement extérieur.