Par Boris Mawuena
Organisé par l’Autorité des Marchés Financiers de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (AMF-UMOA), l’événement a réuni décideurs publics, investisseurs institutionnels, acteurs du secteur privé et partenaires techniques. Ensemble, ils ont échangé sur les stratégies à adopter pour accélérer la transition vers une finance durable et inclusive dans la région. Invité spécial du forum, Edoh Kossi Amenounve, Directeur général de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), a prononcé une allocution magistrale sur le thème: «La finance durable en Afrique, quels leviers pour l’accélération du développement de notre continent ?».
Dans son intervention, il a souligné l’urgence d’intégrer la durabilité au cœur des politiques économiques africaines. Selon lui, les besoins de financement du continent, estimés à 1.637 milliards USD en 2025, ont été multipliés par quatre en vingt-cinq ans alors que l’aide publique au développement a reculé de 4,8% depuis 2020 et que les investissements directs étrangers (IDE) stagnent à moins de 2%. «La finance durable doit devenir un levier central pour soutenir la transformation structurelle et inclusive de nos économies», a-t-il insisté.
Six piliers pour renforcer la finance durable
Le Directeur général de la BRVM a identifié six axes majeurs pour développer la finance durable sur le continent. Il s’agit du développement de la finance sociale, axée sur l’égalité de genre et la jeunesse; le renforcement de la finance inclusive, pour un meilleur accès aux services financiers; la réforme du cadre réglementaire, afin de stimuler l’intervention des investisseurs institutionnels; l’amélioration de la transparence et du reporting des acteurs financiers; la création d’investisseurs d’impact, capables de soutenir les projets à valeur sociale et la mobilisation de l’épargne locale, via des produits financiers innovants.
Edoh Kossi Amenounve a également insisté sur le rôle clé de la gestion d’actifs (Asset Management) dans la collecte et la valorisation de l’épargne africaine. Il a appelé à la professionnalisation du secteur et à la constitution de fonds puissants capables d’alimenter durablement les marchés financiers. Pour illustrer son propos, il a cité des modèles internationaux tels que BlackRock aux États-Unis (13.500 milliards USD d’actifs sous gestion), la CDPQ au Canada (354,72 milliards USD) et LGIM au Royaume-Uni (1.315,7 milliards USD). Selon lui, «leur capacité d’investissement, aussi bien dans le coté que dans le non coté, contribue directement à la souveraineté économique de leurs pays».