Par Claudia Kenou
Le Bénin prévoit de renforcer la viabilité de sa dette publique entre 2026 et 2028, en poursuivant une gestion rigoureuse et proactive. L’objectif est de réduire les risques, diversifier les sources de financement et préserver la soutenabilité de la dette à l’horizon 2029.
En octobre 2024, l’agence Standard & Poor’s a confirmé la note souveraine du Bénin à «BB-», en relevant sa perspective de «Stable» à «Positive». Cette reconnaissance internationale soutient la politique actuelle, qui repose sur un suivi régulier des indicateurs de dette en collaboration avec le Fonds Monétaire International (FMI). Selon le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) 2026-2028, le gouvernement entend réduire les risques liés à l’endettement, diversifier les sources de financement et renforcer la crédibilité financière du pays. La stratégie reste alignée avec le Cadre de Dette à Moyen Terme (CDMT) 2025-2029, qui vise à assurer un endettement viable tout en finançant les priorités nationales.
Moins de dépendance extérieure, plus de financement régional
Le Bénin souhaite réduire sa dépendance aux emprunts extérieurs en mobilisant davantage de ressources sur le marché régional des titres publics de l’UEMOA. Il entend également mieux gérer les échéances de remboursement de la dette intérieure. Sur le plan extérieur, les financements en devises stables (notamment l’euro) et à taux fixe seront privilégiés pour limiter les risques de change. Les prêts concessionnels et semi-concessionnels resteront prioritaires, mais des emprunts commerciaux ou des émissions internationales pourront être envisagés selon les conditions du marché. À l’échelle nationale, l’État mettra l’accent sur les obligations à moyen et long terme sur le marché UMOA-Titres; l’allongement de la maturité moyenne de la dette pour réduire les pics de remboursement; la mobilisation des financements en monnaie locale auprès d’institutions régionales comme la BOAD et la BIDC. Le gouvernement renforcera aussi le suivi des passifs contingents (garanties, engagements indirects) pour éviter tout impact budgétaire imprévu. Le recours à la garantie de l’État sera limité et les entreprises publiques seront encouragées à explorer des financements innovants.
Des objectifs clairs pour 2029
La stratégie fixe plusieurs indicateurs-cibles à atteindre d’ici 2029: moins de 15% de la dette intérieure arrivant à échéance en un an; plus de 95% de la dette publique à taux fixe, pour limiter l’exposition aux variations de taux; des emprunts majoritairement en devises stables pour réduire le risque de change et un suivi rigoureux de la liquidité pour garantir les paiements à temps. Entre 2024 et 2028, le paiement des intérêts sur la dette restera stable, autour de 1,7 à 1,8% du PIB - le taux d’intérêt moyen devrait baisser de 3,40% à 3,01% - le stock de dette publique passera de 53,4% à 47,6% du PIB - la part de la dette intérieure arrivant à échéance dans l’année chutera de 21% à 10,5%.