Par Romaric TOKPE
La rencontre a réuni investisseurs, chefs d’entreprise et partenaires institutionnels autour des principaux défis du climat des affaires. La cérémonie a été ouverte par Léopold Adjakpa Abile, directeur exécutif du CIPB, qui a présenté le cadre de la rencontre et le déroulement de la soirée. Il a ensuite introduit Roland Riboux, président du CIPB, pour le message d’orientation de l’année.
« Cette rentrée est avant tout un moment d’échange, de partage et de vérité sur la situation réelle du secteur privé », a déclaré Roland Riboux, adressant ses meilleurs vœux à l’ensemble des membres pour l’année 2026.
Le CIPB, créé en 2002, a été fondé à une époque où le secteur privé béninois ne disposait pas de structures représentatives solides. Depuis vingt‑quatre ans, il s’impose comme un acteur pionnier du dialogue public‑privé et a contribué à des avancées notables en matière de fiscalité et de concertation entre le public et le privé.
Malgré un taux de croissance économique annoncé autour de 7%, la situation des entreprises demeure contrastée. « Pendant que les indicateurs macroéconomiques rassurent, les entreprises continuent de souffrir », a souligné Roland Riboux, évoquant les difficultés persistantes rencontrées par les petites et moyennes entreprises, notamment face à la pression fiscale et aux contraintes administratives. Dans ce contexte, le CIPB entend poursuivre son plaidoyer pour améliorer les conditions d’exercice du secteur privé.
Parmi les priorités identifiées figurent la suppression de la taxe de 2% sur les pertes, la mise en place d’un impôt sur les sociétés plafonné à 15% et le respect strict des textes par les services de contrôle. Ces propositions s’inscrivent dans une volonté de réduire les obstacles à la compétitivité des opérateurs économiques.
« La dette de l’État ne doit plus être un mode de financement indirect qui asphyxie les entreprises pendant douze à dix‑huit mois », a souligné Roland Riboux, rappelant l’impact négatif des retards de paiement des engagements publics sur la trésorerie des entreprises. Il a également attiré l’attention sur des défis structurels, tels que la concurrence déloyale liée à la contrebande, le coût élevé des autorisations de mise sur le marché, les difficultés liées aux valeurs transactionnelles et le prix élevé de l’électricité.
À l’approche de la mise en place d’un nouveau gouvernement après avril 2026, « le secteur privé doit être au cœur des choix économiques si l’on veut une croissance durable et inclusive », a conclu Roland Riboux. À travers cette rentrée 2026, le CIPB réaffirme son rôle de force de proposition et son engagement à accompagner le développement durable du secteur privé béninois.