Par Boris Mawuena
Cette séance d’échanges s’inscrit dans la dynamique de renforcement du dialogue entre le gouvernement et les institutions du secteur. Au cours de cette visite, l’autorité ministérielle a salué la contribution significative des institutions de microfinance à la promotion de l’inclusion financière, en particulier en faveur des populations vulnérables. Elle a, par la même occasion, réaffirmé l’engagement du gouvernement du président Patrice Talon à consolider les acquis et à accélérer les réformes en cours.
Revenant sur les grandes orientations stratégiques, la ministre a évoqué l’élaboration d’un cadre de référence structurant pour le secteur, notamment à travers la politique nationale de développement de la microfinance à l’horizon 2032. Celle-ci vise à doter le secteur d’une vision cohérente, capable de soutenir des réformes durables, d’améliorer la qualité des services financiers et de faciliter l’accès des populations. L’objectif affiché est d’assainir les systèmes financiers décentralisés et d’atteindre un taux de pénétration d’environ 75%.
Elle a également mis en lumière les avancées enregistrées, notamment l’adoption de la loi de juillet 2025 portant réglementation de la microfinance au Bénin, laquelle renforce le cadre juridique et institutionnel du secteur. Par ailleurs, plus de 148.000 bénéficiaires ont été appuyés en 2025, pour un volume de financement global estimé à 12 milliards de francs Cfa.
Le microcrédit Alafia III bientôt déployé à grande échelle
La ministre a annoncé qu’à compter du 1ᵉʳ avril 2026, le programme de microcrédit Alafia III sera étendu à l’ensemble du territoire national, à la suite d’une phase pilote jugée concluante. Elle a précisé que le conseil des ministres a validé la prise en charge des frais de gestion des trois phases du programme, pour un montant de 984.199.281 francs Cfa.
Abordant les difficultés d’accès au financement, Véronique Tognifode a reconnu que les exigences en matière de garanties, notamment hypothécaires, constituent un frein pour de nombreux bénéficiaires. Elle a toutefois indiqué que des réflexions sont en cours en vue d’assouplir ces conditions et de faciliter l’accès aux crédits du Fonds national de la microfinance.
Pour finir, la ministre a insisté sur la nécessité de répondre aux attentes persistantes des populations, notamment en matière de simplification des procédures, d’extension des services en milieu rural et d’adaptation aux réalités économiques. Elle a assuré que la modernisation du secteur se poursuivra, avec un accent particulier sur la digitalisation et l’introduction d’outils innovants favorisant une inclusion financière plus rapide et équitable.
Prenant la parole au nom des acteurs du secteur, la présidente de l’APSFD-Bénin, Valentine Huguette Adoukonou, a formulé plusieurs doléances. Elle a notamment plaidé pour un assouplissement des conditions d’accès aux crédits du Fonds national de la microfinance, ainsi que pour un renforcement de l’accompagnement technique assuré par la direction générale de la microfinance, en particulier en matière de renforcement des capacités des institutions.