Par Boris Mawuena
Cette rencontre d’envergure réunit des représentants de l’État, des organisations syndicales ainsi que des acteurs du secteur privé autour du thème : « Panier citoyen et bien-être ». L’objectif affiché est de créer un espace permanent de concertation afin de mettre en cohérence les performances économiques nationales et les réalités quotidiennes des ménages.
Le Conseil économique et social (CES) ambitionne d’impulser une véritable dynamique de transformation sociale au Bénin. À travers ce forum de deux jours, l’institution rassemble décideurs publics, opérateurs économiques et figures majeures de la vie sociopolitique pour réfléchir aux mécanismes susceptibles d’améliorer le pouvoir d’achat.
Le président du comité d’organisation, Eustache Kotingan, a, dans son propos introductif, clarifié les enjeux de l’initiative. Il a insisté sur l’examen approfondi des circuits de distribution et des dispositifs de régulation des marchés.
Selon lui, l’analyse du panier de consommation des ménages béninois doit intégrer les contraintes nationales et les mutations de l’environnement économique international.
Les travaux devront ainsi déboucher sur l’identification de leviers concrets pour la maîtrise des prix et la formulation de recommandations stratégiques, notamment en faveur du renforcement de la sécurité alimentaire à travers la promotion de la production locale.
Prenant la parole à son tour, le président du Conseil économique et social, Conrad Gbaguidi, a exposé la nouvelle orientation institutionnelle de l’organe. Il a présenté le CES comme une institution de proximité chargée de recueillir les attentes des populations au plus près des territoires. Il a souligné la persistance d’un écart entre les performances macroéconomiques du pays et le ressenti des ménages.
Autrement dit, si les indicateurs globaux sont encourageants, leur traduction dans le quotidien des citoyens demeure insuffisante. Pour lui, la souveraineté économique constitue un rempart essentiel face aux tensions inflationnistes.
Il a également plaidé pour le développement des circuits courts et la consolidation des chaînes de valeur agricoles et industrielles, estimant que la protection durable des ménages passe par un patriotisme économique assumé. « Nous ne pourrons pas durablement protéger nos ménages si nous continuons de consommer ce que nous ne produisons pas », a-t-il déclaré.
Il a enfin annoncé l’institutionnalisation des « Cafés du CES », des rencontres bimensuelles destinées à assurer un suivi continu des préoccupations sociales et à éviter que les conclusions du forum ne restent lettre morte.
Sur le plan institutionnel, Joseph Djogbénou, président de l’Assemblée nationale, a mis en lumière l’évolution des prérogatives du Conseil économique et social. Il l’a décrit comme un acteur clé du processus législatif, intervenant aussi bien en amont qu’en aval de l’élaboration des lois.
La réforme de juillet 2024 lui confère notamment la mission de relayer la loi auprès des citoyens et de faire remonter aux pouvoirs publics les retours liés à son application, favorisant ainsi une meilleure adéquation entre action publique et attentes sociales.
La cérémonie officielle a été présidée par le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané, représentant le Chef de l’État. Tout en saluant les progrès économiques enregistrés par le Bénin, il a reconnu les défis persistants liés à la cherté de la vie. « La prospérité n’a de sens que si elle améliore concrètement la vie des citoyens », a-t-il affirmé, réitérant l’engagement du gouvernement à examiner avec attention les recommandations issues du FoNaCES.
Il a souligné que la lutte contre la vie chère exige une synergie d’actions entre l’État, le secteur privé et les partenaires sociaux afin de garantir la stabilité des marchés et la préservation du pouvoir d’achat.
À la suite de l’ouverture officielle, plusieurs communications ont rythmé les travaux, dont la conférence inaugurale animée par l’ancien Premier ministre Lionel Zinsou.