Par Boris Mawuena
L’initiative, portée par l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises (ADPME), a enregistré une forte mobilisation. Au fil des éditions, PME Connect s’impose comme un cadre structuré d’échanges entre l’État et le secteur privé. Cette rencontre vise à rapprocher les institutions publiques des entrepreneurs et à apporter des réponses concrètes aux préoccupations des PME béninoises.
Deux thématiques centrales ont marqué cette cinquième édition : la mise en œuvre de l’assurance maladie obligatoire et le mécanisme Turbo Tréso PME. Ce dispositif innovant a été conçu pour aider les entreprises confrontées à des difficultés de trésorerie, notamment celles disposant de créances sur l’État. Les échanges ont permis aux participants de mieux comprendre les modalités pratiques de ces réformes.
Le directeur général de l’ADPME, Laurent Gangbès, a expliqué que cette rencontre répond à un besoin d’anticipation. Selon lui, l’assurance maladie obligatoire est désormais entrée dans sa phase opérationnelle, ce qui rend indispensable une bonne information des entreprises. Il a indiqué que cette obligation doit être intégrée dans les plans de développement et les modèles économiques des PME.
Il a également mis en lumière l’intérêt du dispositif Turbo Tréso PME, qui permet aux entreprises créancières de l’État de percevoir, dans un délai de trois à cinq jours, jusqu’à 70% du montant de leurs créances, dans la limite de 50 millions de francs Cfa, afin d’assurer la continuité de leurs activités.
Un soutien réaffirmé aux entrepreneurs
Présent à la rencontre, le ministre des Petites et moyennes entreprises et de la promotion de l’emploi, Modeste Kérékou, a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur des entrepreneurs. Il a salué le rôle central des chefs d’entreprise dans la création d’emplois et de richesses, soulignant que la promotion de l’initiative privée constitue un axe stratégique de l’action publique.
Le ministre a rappelé que l’État ne peut plus, à lui seul, absorber la demande d’emploi, ce qui confère aux PME une responsabilité majeure dans la lutte contre le chômage et le sous-emploi. Il a insisté sur la nécessité pour les pouvoirs publics de mettre en place des mécanismes d’accompagnement adaptés aux porteurs de projets.
Le président du Conseil économique et social (CES), Conrad Gbaguidi, a pour sa part salué la pertinence des échanges initiés par l’ADPME. Il a souligné que ces cadres de dialogue contribuent efficacement au renforcement de l’écosystème entrepreneurial national.
Selon lui, l’assurance maladie obligatoire représente un levier important de protection sociale, permettant aux travailleurs de se soigner sans pression financière et de maintenir leur productivité. Il a également mis en avant l’impact du dispositif Turbo Tréso PME, qu’il qualifie d’initiative déterminante. « Empêcher que les intelligences s’éteignent faute de trésorerie, c’est permettre aux entreprises de poursuivre l’innovation et la création d’emplois », a-t-il déclaré.