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CEO Of The Day : Le défi grandeur nature de MTN Bénin pour révéler les femmes leaders

En mars 2026, mois dédié à la célébration des droits des femmes, l’initiative “CEO Of The Day” a retenu l’attention dans l’écosystème entrepreneurial béninois.

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CEO Of The Day : Le défi grandeur nature de MTN Bénin pour révéler les femmes leaders

En mars 2026, mois dédié à la célébration des droits des femmes, l’initiative “CEO Of The Day” a retenu l’attention dans l’écosystème entrepreneurial béninois.

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Par Fortuné DOTIN

Portée par MTN Bénin, le projet, à sa quatrième édition, s’impose progressivement comme un dispositif structurant pour la promotion du leadership féminin. Le principe est simple mais l’expérience, elle, est transformative. Le temps d’une journée, une jeune femme prend les commandes d’une entreprise, s’installe dans le fauteuil de la direction générale et se confronte aux exigences du pouvoir décisionnel.

Pour mesurer la portée réelle de cette initiative, CADRECO a recueilli les témoignages croisés de plusieurs entreprises participantes. EchoHouse, Adjinankou Group, Isocel, UBA Bénin et AFG Assurances livrent ici une lecture incarnée de l’expérience. Une plongée, entreprise par entreprise, dans ce que cette journée change concrètement.

Immersion chez les “nouvelles boss”

Dans toutes les entreprises rencontrées, un  point revient avec constance. L’expérience dépasse largement le cadre d’une simple observation et plonge surtout les participantes dans la réalité brute du leadership.

Notre immersion commence chez EchoHouse où Rocklyn Krampah n’a pas été simple spectatrice ce matin-là : elle a pris les rênes. «En tant que CEO of the day, j’ai participé à une réunion avec les responsables puis j’ai mené des entretiens de cinq minutes avec chaque service afin de comprendre leurs progrès, leurs préoccupations et leurs défis», explique-t-elle. Une initiative qu’elle a elle-même impulsée, révélatrice d’une posture déjà affirmée. Le moment le plus marquant reste, pour elle, l’échange avec la dirigeante en poste. «Elle m’a partagé ses réflexions sur la manière dont la prise de décision et la résolution des problèmes s’articulent dans la gestion d’une entreprise. C’était très instructif et marquant».

Même intensité du côté d’Adji-nankou Group. An-Jong Degbey, Responsable Web et Solutions digitales, a été projetée au cœur du pouvoir dès les premières heures. «La journée a débuté par la réunion du CODIR du lundi matin. J’ai eu l’opportunité de la diriger. Des échanges stratégiques, des arbitrages concrets, une posture que je ne suis pas habituée à occuper. C’était exigeant et profondément stimulant». Loin d’une expérience figée, la journée s’est construite dans le mouvement. Réunions, validations opérationnelles, interactions avec les équipes, visites externes. «Ce qui m’a le plus marquée, c’est la nécessité de s’adapter en permanence. Chaque moment appelait une posture différente», confie-t-elle.

Chez Isocel, Brunelle Adandedjan a vécu une immersion tout aussi marquante. «Se retrouver dans le rôle de celui qui prend les décisions stratégiques est une responsabilité que l’on ne mesure pleinement qu’en la vivant», confie-t-elle. Encadrée par le Directeur Général, Robert Aouad, elle a conduit le comité de direction, analysé des documents stratégiques et exploré les rouages du Centre des Opérations du Réseau (N.O.C.). «Cette journée m’a appris que la direction générale n’est pas seulement une fonction mais une posture faite d’écoute, de responsabilité et de capacité à décider dans l’incertitude», ajoute-t-elle.

Dans le secteur bancaire, le constat est similaire. À UBA Bénin, Astrid Codjoseignon, la CEO of the Day évoque une progression intérieure presque palpable. D’abord la surprise, puis le doute, avant le déclic. «Ok, respire. T’es pas une figurante aujourd’hui. Prends ta place». Une phrase simple, mais qui traduit un basculement. Elle raconte avoir rencontré des clients, découvert les exigences de la représentation et surtout pris conscience du poids de la décision. «Le dirigeant est appelé très souvent à arbitrer. Et ça, c’est stressant et pas du tout aisé».

À AFG Assurances, l’immersion a également été totale. Rozenn Dadonougbo a présidé le Comité de direction, échangé avec des partenaires stratégiques et représenté l’entreprise à l’extérieur. «Cette journée m’a permis de ressentir pleinement la responsabilité et l’énergie qui accompagnent la fonction de Directeur Général», confie-t-elle, avant d’ajouter que cette expérience «confirme que l’audace et la détermination n’attendent pas l’âge».

Les patrons en congé racontent l’effet “CEO Of The Day”

Pour les dirigeants, l’initiative agit comme un révélateur. Elle met en lumière des compétences parfois invisibles dans le quotidien opérationnel.

Chez EchoHouse, Beryl Agyekum Ayaaba, directrice générale insiste sur la valeur structurante du programme. «Cette initiative offre une plateforme concrète permettant de se familiariser avec la prise de décision à haut niveau. Elle contribue à réduire l’écart entre les collaborateurs débutants et les postes de direction». Elle y voit également un levier d’inclusion, en cohérence avec les dispositifs internes comme la communauté féminine “She Unit”.

À Adjinankou Group, l’expérience a produit un effet encore plus profond. «Ce n’est pas seulement une bonne collaboratrice, c’est une future dirigeante», tranche le Directeur général, Freid Arnaud Guelly-Mongny, à propos d’An-Jong Degbey. Mais au-delà du cas individuel, c’est l’impact collectif qui retient son attention. «Voir l’une des leurs occuper cette place a créé une fierté collective et déplacé le regard sur ce qui est possible».

Même lecture à UBA Bénin où le processus de sélection interne a ajouté une dimension compétitive et méritocratique. Candidatures, tests, pitch devant un jury. «Elle n’a pas simplement été choisie, elle a gagné sa place», souligne la direction. Résultat, une émulation interne qui pousse les jeunes talents à se projeter, à structurer leurs ambitions et à se préparer à des responsabilités plus élevées.

L’impact du programme se fait également sentir à Isocel où Robert Aouad souligne la valeur de l’exercice pour Brunelle Adandedjan. «Elle n’a pas simplement occupé une fonction : elle a analysé les situations, pris des décisions et proposé des solutions concrètes. Ce type d’exercice révèle la force d’une posture de leadership réfléchie et installe une culture de confiance et de responsabilisation, essentielle pour toute organisation qui souhaite évoluer et performer durablement».

À AFG Assurances, l’initiative est perçue comme un levier stratégique. «Elle agit comme un catalyseur en brisant le plafond de verre et en suscitant des vocations», indique la direction générale. En interne, l’effet est tangible. «Elle a favorisé un climat de collaboration renforcée et insufflé une nouvelle énergie au sein des équipes».

Les gains d’une journée au sommet

L’un des apports majeurs du programme réside dans sa capacité à déconstruire les représentations du pouvoir. Pour de nombreuses participantes, le leadership apparaît, avant l’expérience, comme un univers distant. Une fonction presque inaccessible. La journée passée à la tête de l’entreprise change cette perception.

Astrid Codjoseignon, la CEO of the Day de UBA Bénin résume cette transformation avec lucidité. «Les dirigeants qu’on admire de loin sont, eux aussi, simplement humains». Une prise de conscience qui ne diminue pas la fonction mais la rend atteignable. Ce processus de démystification est central. Il agit comme un déclencheur psychologique. Il autorise, en quelque sorte, l’ambition. Freid Arnaud Guelly-Mongny le formule autrement. «Le leadership féminin n’a pas besoin qu’on l’invente. Il existe déjà. Ce dont il a besoin, c’est d’espaces pour se révéler». Et “CEO of the Day” joue précisément ce rôle. Il crée un cadre où la légitimité se construit par l’expérience.

Au-delà de l’expérience, l’enjeu de la continuité

Si les retours sont largement positifs, les entreprises convergent sur un point. L’expérience, aussi riche soit-elle, gagnerait à s’inscrire dans la durée. Selon Beryl Agyekum Ayaaba directrice générale de EchoHouse, la recommandation est claire. Mettre en place un mentorat à long terme et simuler des environnements décisionnels plus complexes, à travers un «conseil d’administration fictif», afin de prolonger les apprentissages. À Adjinankou Group, l’idée d’un suivi à six mois est avancée. Objectif, mesurer les effets concrets sur les trajectoires professionnelles. Promotion, nouvelles responsabilités, évolution de posture. «Il s’agit de passer du symbole à l’impact mesurable», suggère la direction.

UBA Bénin va dans le même sens. L’institution plaide pour un accompagnement post-immersion et une capitalisation des témoignages pour inspirer d’autres jeunes femmes. «Le programme envoie un message fort. Votre place existe et elle vous attend. Mais encore faut-il créer les conditions pour que cette promesse se traduise en opportunités réelles». AFG Assurances à travers sa direction générale propose une approche plus structurée. Coaching en amont, suivi après l’expérience, définition d’indicateurs d’impact, création d’une communauté d’anciennes participantes. L’entreprise suggère également d’élargir le programme à d’autres fonctions stratégiques et même à l’administration publique.

L’impact gagnant-gagnant du programme

Au-delà de la promotion du leadership féminin, “CEO of the Day” apparaît aussi comme un outil au service des entreprises. Il permet d’identifier des talents, de tester des potentiels mais aussi de renforcer la marque employeur. Dans un contexte où la compétition pour les compétences s’intensifie, ces initiatives deviennent des marqueurs d’attractivité. AFG Assurances y voit un moyen de stimuler l’innovation interne. «Les regards nouveaux apportent souvent des idées audacieuses et pertinentes». Echo-House évoque, de son côté, l’enrichissement des perspectives au sein des instances décisionnelles. À UBA Bénin, l’expérience agit comme un miroir. Elle pousse l’organisation à interroger ses propres pratiques en matière d’inclusion et de gestion des talents. Elle rappelle, surtout, que la performance collective repose sur la diversité des profils.

Vers une normalisation du leadership féminin

Quatre éditions après son lancement, “CEO of the Day” s’inscrit dans une dynamique plus large. Celle d’une transformation progressive des normes du leadership. Le programme ne prétend pas résoudre à lui seul les inégalités structurelles. Mais il contribue à déplacer les lignes. À rendre visible ce qui ne l’était pas. À légitimer des trajectoires. Dans un environnement où les postes de direction restent encore majoritairement masculins, ces expériences ont une valeur particulière. Elles créent des précédents. Elles installent de nouvelles références. «Elle dit aux femmes que leur place à la tête d’une organisation n’est pas une exception, mais une normalité en construction», résume Freid Arnaud Guelly-Mongny. C’est sans doute là que réside l’essentiel. Dans cette capacité à transformer, lentement mais sûrement, la manière dont le leadership est perçu, incarné et transmis. Une journée peut suffire à changer un regard. Parfois, à redessiner une ambition.

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