Par Boris Mawuena
D’après les données publiées par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le taux d’inflation annuel s’est établi à –0,5% au cours du mois de novembre, contre –1,1% en octobre. Si cette évolution marque une légère hausse, elle n’en traduit pas moins la poursuite d’un mouvement de détente des prix à la consommation, comme le souligne la note mensuelle de conjoncture économique de décembre 2025.
Cette situation singulière reflète essentiellement le repli continu des prix des produits alimentaires, qui demeurent le principal moteur de la tendance désinflationniste. Après une baisse particulièrement prononcée en octobre, les prix de l’alimentation ont de nouveau diminué en novembre, soutenus par une meilleure disponibilité des denrées sur les marchés.
L’abondance de céréales, de poissons et de produits maraîchers, résultant de conditions agricoles favorables, a renforcé l’offre locale. Les premières projections de la campagne agricole 2025-2026 font d’ailleurs état d’une nette progression de la production céréalière, contribuant à stabiliser les marchés et à limiter les tensions sur les produits de première nécessité.
Les importations renforcent la détente des prix
À cette amélioration de l’approvisionnement intérieur s’ajoute la baisse significative du coût des produits alimentaires importés. En glissement annuel, l’indice des prix de ces biens, calculé en francs Cfa, affiche une contraction marquée. Cette évolution a fortement contribué à contenir les pressions inflationnistes dans l’ensemble des pays membres de l’Union, renforçant ainsi la tendance à la désinflation observée en novembre.
Toutefois, l’analyse détaillée par pays met en évidence des trajectoires différenciées. La baisse des prix demeure plus prononcée au Niger, au Burkina Faso et en Guinée-Bissau, où l’inflation reste nettement négative. À l’opposé, les niveaux de prix progressent modérément au Sénégal, au Bénin, au Mali et au Togo, tandis qu’en Côte d’Ivoire, la situation est restée globalement inchangée sur la période.
Pour les ménages, cette évolution constitue un allègement relatif des dépenses quotidiennes. La BCEAO invite cependant à la prudence. L’inflation dite sous-jacente, qui exclut les produits frais et l'énergie, affiche une légère hausse, signalant l’existence de pressions latentes qui nécessitent un suivi attentif dans les mois à venir.