Par Janvier Gbedo
Ce programme restructure le modèle économique national autour de la gestion des ressources et de la valorisation des déchets. L’exécutif a défini un cadre opérationnel visant à transformer les modes de production et de consommation sur l’ensemble du territoire.
Ce plan d’action propose de remplacer le cycle traditionnel fabriquer-consommer-éliminer par un modèle fondé sur la réutilisation des matières et la réduction des pertes. L’objectif est de passer d’un système linéaire à une économie durable, capable de stimuler la croissance et de créer des emplois.
Cette transition s’intègre dans la Vision Bénin 2060 et dépasse le cadre de la protection environnementale pour devenir un levier de développement industriel et social. Les cibles établies pour l’année 2035 prévoient un taux de recyclage de 25%. Concernant la gestion des résidus, les autorités visent une collecte de 100% en milieu urbain et de 60% en zone rurale.
Sur le plan humain et entrepreneurial, le projet prévoit la formation de 15.000 personnes aux métiers de la circularité. Le tissu économique doit évoluer avec la création de 300 entreprises spécialisées, alors que le secteur n'en compte que 19 actuellement.
L'état des lieux montre que des segments d'activité intègrent déjà ces processus. Le recyclage concerne 70% des matériaux provenant des anciens chantiers routiers. Dans la Zone économique de Glo-Djigbé, le traitement des eaux industrielles atteint 90%.
Le Fonds africain pour l’économie circulaire de la Banque africaine de développement assure le financement et l’accompagnement technique pour renforcer les compétences des acteurs locaux et soutenir l’écosystème entrepreneurial identifié à Cotonou.
Cependant, les volumes de déchets générés imposent des contraintes logistiques et sanitaires. La production quotidienne de déchets municipaux s'élève à 1.700 tonnes, tandis que le volume annuel de plastiques atteint 50.000 tonnes.
Une fraction de ces rebuts n'est pas encore intégrée aux circuits de traitement. Le plan d'actions vise donc à organiser ces flux pour limiter les impacts sur la santé publique et l'espace urbain.
La finalité du programme est de corréler les indicateurs de performance économique avec la préservation des ressources naturelles à travers un cadre réglementaire et technique structuré.