Par Délé Oliyidé
Le Niger poursuit ses discussions avec ses partenaires techniques et financiers pour préserver les équilibres macroéconomiques. Le pays pourrait bénéficier d’un décaissement de plus de 59,6 milliards de francs Cfa de la part du Fonds monétaire international (FMI).
L’accord conclu entre les autorités nigériennes et les services du FMI est subordonné à l’approbation du Conseil d’administration du FMI attendue en mars 2026.
« L’achèvement de la revue de l’accord au titre de la FEC permettrait de procéder à un décaissement de 43,8228 millions de DTS (environ 61 millions de dollars) pour aider le Niger à couvrir ses besoins de financement extérieur.
Quant à l’achèvement de la revue du programme appuyé par la FRD, il permettrait de décaisser 21,714 millions de DTS (environ 30 millions de dollars). » C’est ce qu’a indiqué Izabela Karpowicz, la cheffe de l’équipe des services du FMI ayant tenu des réunions virtuelles avec les autorités nigériennes du 9 décembre 2025 au 10 février 2026.
Le financement en perspective comprend un appui budgétaire classique ainsi qu’un volet orienté vers la résilience climatique et la durabilité économique. Il s’inscrit dans la dynamique engagée par les autorités pour consolider les acquis macroéconomiques, alors que le Niger, producteur d’uranium, s’affirme désormais comme exportateur de pétrole.
Des objectifs jugés globalement respectés
Dans son évaluation, l’institution financière indique que les objectifs fixés pour 2025 ont été globalement respectés. Les performances enregistrées concernent notamment la mobilisation des recettes et la gestion des finances publiques. Le FMI projette une croissance de 6,9% en 2025, puis de 6,7% en 2026.
Le déficit public, selon les mêmes projections, devrait rester contenu en 2025 avant d’atteindre 3,7% du produit intérieur brut en 2026. Cette évolution serait liée à des dépenses supplémentaires induites par les chocs climatiques.
Un rebond économique porté par le pétrole et l’agriculture
Ces prévisions prolongent le rebond observé en 2024. L’économie nigérienne avait alors enregistré une croissance de 8,4%, après 2% en 2023. Une performance tirée par la montée en puissance des exportations pétrolières et par une production agricole soutenue.
Sur le plan social, le taux d’extrême pauvreté est passé de 47,8% à 45,3%, soit environ 270.000 personnes sorties de cette situation. Des chiffres encourageants, même si l’économie demeure fortement dépendante de l’uranium, du pétrole et de l’agriculture.
Dans un environnement sécuritaire et diplomatique sensible, les autorités misent ainsi sur l’appui des partenaires internationaux pour stabiliser la trajectoire économique et renforcer la résilience du pays face aux chocs externes.