Par Assou AFANGLO
Une coalition avec plusieurs pays. Une volonté manifeste : rechercher de nouvelles solutions pour générer des financements climatiques fiables. Pour cela, de nouvelles taxes sur les voyages aériens de luxe, notamment les jets privés et les sièges en première classe, sont prévues. L'ambition est de collecter des fonds pour la lutte contre le changement climatique en demandant aux passagers les plus émetteurs de CO₂ par voyageur de contribuer davantage.
À ce jour, le Soudan du Sud, le Nigéria et Djibouti sont les nouveaux membres enregistrés, tandis que le projet a été porté par la France, la Barbade, le Bénin, Antigua et Barbuda, la Sierra Leone, la Somalie, l'Espagne et le Kenya. Le Brésil, Fidji et Vanuatu y ont adhéré en tant qu'observateurs lors de la COP30.
Une initiative que n'approuve pas l'IATA
Les projections actuelles indiquent que cette taxe pourrait rapporter jusqu'à 90 milliards de dollars par an. Malgré cela, l'Association Internationale du Transport Aérien (IATA) considère que cette initiative risque de dissuader une clientèle aisée et essentielle à la rentabilité des compagnies aériennes. Elle craint une réduction de la connectivité, un frein aux investissements dans l'innovation voire une hausse des coûts pour les passagers.
Sur le plan environnemental, l’Association souligne que le secteur aérien fait déjà de son mieux. Les compagnies aériennes se sont engagées à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, un effort qui devrait coûter 4 700 milliards de dollars sur la période 2024-2050.
L'IATA s’inquiète que ces taxes affectent négativement l’ensemble de la population. «L’industrie aérienne est un catalyseur économique, pas une vache à lait», a fait savoir Willie Walsh, directeur général de l’IATA. D'après une étude de l'Office fédéral de l'aviation civile suisse, l'aviation représente 2 à 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.