Par Claudia Kenou
Alors que les chaînes de valeur mondiales se recomposent et que la compétition pour attirer les capitaux industriels s’intensifie, le Bénin choisit une stratégie résolument offensive : offrir une plateforme où l’efficacité opérationnelle et la vision stratégique se conjuguent. Cette plateforme porte un nom : la Zone industrielle de Glo‑Djigbé (GDIZ). Que promet- elle concrètement ? Conçue comme un écosystème intégré, elle multiplie les atouts qui séduisent les investisseurs les plus exigeants. Sept leviers clés l’illustrent.
Le premier est institutionnel. La GDIZ repose sur un partenariat public‑privé assumé, pensé pour atténuer les frictions propres aux marchés émergents. Incitations fiscales, sécurité juridique et accompagnement personnalisé constituent une base de confiance solide, rare dans l’environnement industriel africain. Vient ensuite la puissance de ses infrastructures. Parcelles viabilisées; raccordements continus à l’électricité, au gaz industriel, à l’eau et à la fibre optique; entrepôts modulaires et services logistiques intégrés sont complétés par un port sec et un parc à camions reliés au Port Autonome de Cotonou. Cette connectivité directe ouvre un accès fluide aux marchés de la CEDEAO et de la Zone de libre‑échange continentale africaine (ZLECAf).
L’ouverture internationale renforce encore cet avantage. Le régime «Everything But Arms» facilite l’exportation vers l’Union Européenne tandis qu’un taux préférentiel de 10% sur le marché américain élargit l’horizon commercial des opérateurs implantés dans la zone. Autre levier décisif: l’accompagnement. SIPI‑Bénin S.A., gestionnaire de la zone, offre un suivi individualisé couvrant aussi bien les relations avec des partenaires locaux fiables que la gestion proactive des aspects sociaux, douaniers et administratifs. Une approche qui rassure et accélère la mise en œuvre des projets.
Le facteur humain est tout aussi déterminant. La GDIZ dispose d’une main‑d’œuvre jeune et qualifiée, formée sur place grâce à des centres professionnels spécialisés, notamment dans les métiers du textile. Les entreprises bénéficient ainsi d’un vivier de compétences immédiatement mobilisable et compétitif. Autre singularité: la fluidité des déplacements. Délivrance sur place des cartes de résident pour les expatriés, exemption de visa pour les ressortissants africains et chinois, e‑visa en moins de dix minutes pour les autres nationalités: tout est pensé pour que la mobilité internationale ne soit plus un frein mais un levier.
Enfin, la simplification administrative parachève l’édifice. Un Guichet unique rassemblant dix‑sept entités publiques concentre l’essentiel des démarches, réduisant drastiquement les délais et renforçant la prévisibilité des procédures. Ces sept leviers ne constituent pas un simple catalogue de services; ils traduisent une philosophie: faire de la GDIZ bien plus qu’un espace d’implantation industrielle, un véritable hub de croissance conçu pour répondre aux exigences d’une économie mondialisée. Pour l’investisseur averti, elle n’est pas une option supplémentaire: elle est un point d’ancrage stratégique dans un continent en pleine mutation.
Fortuné Dotin