Par Assou AFANGLO
L'Afrique de l’Ouest peut-il produire suffisamment de riz pour nourrir durablement sa population d’ici 2035 ? C'est en substance la question phare qui a été au cœur des discussions de la table ronde régionale sur l’investissement dans le secteur du riz, placée sous le thème : « Mobiliser les ressources pour atteindre l’autosuffisance du riz en Afrique de l’Ouest ».
Ce forum de haut niveau a été organisé par la CEDEAO en collaboration avec la Banque mondiale Région Afrique, le Groupe de la Banque africaine de développement et d’autres partenaires.
Quelques appels clés
Au cours de cette table ronde, plusieurs déclarations ont été faites. Thomas Nyarko Ampem, vice-ministre des Finances, a appelé les investisseurs et les partenaires au développement à s'engager à long terme dans la transformation du secteur rizicole ghanéen en un moteur majeur de la croissance économique, de la sécurité alimentaire et de l'industrialisation.
Il a déclaré que le Ghana repositionnerait l'agriculture, et en particulier les chaînes de valeur stratégiques telles que le riz, comme un pilier central de la transformation économique.
Dans son intervention, Omar Alieu Touray, président de la Commission de la CEDEAO, a rappelé que cette initiative constitue une étape décisive pour renforcer la souveraineté alimentaire, stimuler la création d’emplois et bâtir des systèmes agroalimentaires plus compétitifs, inclusifs et durables en Afrique de l’Ouest.
Pour sa part, il a déclaré : « Notre ambition est claire : construire des systèmes agroalimentaires plus compétitifs, inclusifs et durables, qui renforcent la souveraineté alimentaire, créent des opportunités économiques, contribuent à une prospérité partagée et permettent d’atteindre progressivement l’autosuffisance régionale en riz d’ici à 2035. Cette table ronde doit donc servir de catalyseur à l’action. Elle doit renforcer la confiance des investisseurs, consolider les partenariats, accélérer le financement des opportunités viables et contribuer à bâtir une économie régionale du riz plus compétitive, résiliente et autosuffisante. »
De son côté, le ministre de l'Alimentation et de l'Agriculture, Eric Opoku, a annoncé une nouvelle politique gouvernementale destinée à réduire les importations de riz. Selon lui , « le gouvernement mettra en œuvre une politique de quotas d'importation qui conditionne directement le droit d'importer du riz à la croissance de la production nationale. Conformément à cette politique, les importateurs de riz devront démontrer, avant l'approbation de leur permis d'importation, un approvisionnement vérifiable auprès de producteurs de riz ghanéens et un partenariat avec ces derniers ».
En abondant dans le même sens, Richard Ofori-Mante, Directeur du financement agricole et du développement rural à la Banque africaine de développement a souligné que « l’agriculture ne doit plus être considérée comme un secteur social ; elle doit être reconnue comme un secteur économique productif capable de stimuler la croissance, de créer des emplois et de soutenir l’industrialisation. Au cœur de cette transformation de l’Afrique se trouve la croissance. La chaîne de valeur du riz offre d’importantes opportunités dans les domaines de l’irrigation, de la mécanisation, de la transformation, de la logistique, de l’agriculture numérique et de l’entrepreneuriat agroalimentaire. Exploiter ce potentiel est essentiel pour transformer la croissance démographique de l’Afrique en dividende économique. »
Malgré le potentiel agricole de l'Afrique de l'Ouest, les importations de riz coûtent environ 3,5 milliards de dollars par an. Selon les chiffres de la Banque africaine de développement, en 2021, l’Afrique de l’Ouest a produit environ 14 millions de tonnes de riz blanchi, alors que la demande dépassait 22 millions de tonnes. L'écart de 8 millions de tonnes représente d’importantes importations de riz coûtant près de 2.000 milliards de francs Cfa.











