Cette décision a été prise le 12 novembre 2025, après une rencontre entre les différents acteurs de la filière, le ministère de l'Industrie et du Commerce et l'Agence de Régulation des Marchés (ARM). Selon les autorités, elle vise à bloquer temporairement l’entrée du riz importé sur le marché sénégalais afin d’écouler le stock de riz localement produit. Cette mesure se justifie par le cri du cœur des riziculteurs du département de Dangana dans la vallée du fleuve Sénégal. Ces derniers alertaient en octobre sur le risque de perdre près de 195.000 tonnes de riz paddy et usiné, issues de la campagne 2025, encore invendues au profit du riz importé.
Dans les médias locaux, Baba Diallo, chargé de formation du sous-collège des producteurs de riz de Dagana, a évoqué la surcharge du marché. À l’en croire, le riz local est difficilement écoulé sur le marché du fait de la présence abondante du riz importé. Le Sénégal, qui avait l’habitude des prévisions de trois mois, se retrouve avec le double de sa capacité, a-t-il décrié.
Toujours au titre des mesures de régulation du flux de riz sur le marché, le ministère a également décidé de fixer un prix d’achat unique de 350 francs Cfa le kilogramme. Cette décision concerne le riz brisé, communément appelé riz cassé, et le riz entier produits localement. Elle entend faciliter l’écoulement des stocks et protéger la production locale de la concurrence.
À noter que le riz occupe une place prépondérante dans la gastronomie sénégalaise. Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), la production de riz représente près de 38% du rendement céréalier national. Pourtant, le pays ne produit qu’environ 30 % de ses besoins, ce qui permet de conclure que le Sénégal est fortement dépendant de l’extérieur. Le Sénégal est le troisième importateur du marché du riz en Afrique de l’Ouest après le Nigeria et la Côte d’Ivoire.