La société de développement et d’agrégation des productions agricoles sera mise sur pied par le gouvernement béninois pour permettre une bonne qualité de production du riz. C’est l'une des décisions prises au Conseil des ministres du mercredi 25 janvier 2023. Elle va permettre d’avoir une bonne qualité de riz au Bénin.
La riziculture au Bénin a de beaux jours devant elle. Le riz est la céréale la plus consommée en Afrique de l’ouest. Les transformations en cours dans le domaine agricole ont induit, ces dernières années, une amélioration notable de la production concernant plusieurs filières. Le gouvernement béninois a pour ambition d’atteindre un million de tonnes de riz paddy à l’horizon 2025. En effet, la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement sécurisée et durable au profit des transformateurs constitue un défi car, actuellement, une proportion de 65% de la production de riz paddy est exportée de façon informelle vers les pays limitrophes. Pour un tel dispositif, d’importants moyens financiers et une ingénierie sont nécessaires que l’Etat, à lui seul, ne saurait mobiliser sans pénaliser d’autres secteurs non moins importants.
De plus, la production du riz est passée de 204.000 tonnes de paddy (riz non décortiqué) en 2015 à 519.667 tonnes en 2021, soit un accroissement de 155% et une hausse des rendements de l’ordre de 32% passant de 3,1 à 4,1 tonnes par hectare sur la même période. Ces performances ont généré un regain d’intérêt des industriels, illustré notamment par la reprise des unités de transformation de Malanville et Glazoué, dotées d’une capacité installée de 430.000 tonnes de paddy par an, ainsi qu’une amélioration des capacités des unités artisanales estimée à plus de 100.000 tonnes.
Le gouvernement béninois s’est prononcé en faveur de la participation de l’Etat, aux côtés d’un partenaire privé de référence, à hauteur de 30% au capital de la Société de Développement et d’Agrégation des productions agricoles.
Les principales activités
- la cartographie et le géoréférencement des producteurs ;
- le conseil agricole au profit des producteurs (en termes de formation aux meilleures pratiques agricoles, mise en place d’outils digitaux de support, amélioration de la connaissance des prix par les producteurs, digitalisation des paiements, etc.) ;
- la facilitation de l’accès aux matériels et équipements agricoles ;
- la collecte et l’agrégation de productions agricoles, principalement le riz paddy ;
- toute opération de manutention, stockage, entreposage (développement d’infrastructures facilitant les achats de commodités agricoles et proches des centres de production, facilitation de l’agrégation et du traitement logistique des commodités agricoles, etc.) ;
- la facilitation de l’approvisionnement des unités locales de transformation agricole en matières premières ;
- l’exportation du surplus de production non transformée localement.
Quid des avantages ?
Les industriels vont bénéficier d’une sécurisation de l’approvisionnement en matières premières de qualité, le développement des activités d’agro-transformation, générant une plus grande valeur ajoutée. “S’agissant des producteurs, les impacts concernent l’amélioration de la productivité, la garantie d’un prix de vente convenable et stable, l’amélioration des revenus des producteurs et une meilleure visibilité sur les conditions d’achat, l’accès aux opportunités de financement et aux services publics tels que la couverture sociale, les services de proximité, les formations, etc” a noté le conseil des ministres.
Le gouvernement béninois veut améliorer la balance commerciale grâce à une meilleure valorisation des exportations et une substitution à certaines importations, la maîtrise de la traçabilité des flux. En plus, la sécurité alimentaire va être renforcée et les emplois seront créés pour valoriser les chaînes de valeurs agricoles dans les services de logistique.