Le gouvernement béninois a profité du Sommet de Dakar sur l’agriculture qui s’est tenu du 25 au 27 janvier 2023 au Sénégal pour inviter les partenaires financiers à saisir les opportunités d’investissements dans le secteur agricole au Bénin.
L'agriculture est le premier secteur économique du Bénin, car elle contribue à hauteur de 32,7% au PIB, 75% aux recettes d’exportation, 15% aux recettes de l’État et fournit environ 70% d’emplois. Dans le but de renforcer la sécurité alimentaire et de lutter contre le changement climatique au Bénin, le gouvernement a profité du Sommet de Dakar pour demander une mobilisation financière afin de soutenir les secteurs de l’agriculture et de l'élevage. 457 millions d'euros (300 milliards de francs Cfa) seront mobilisés auprès de partenaires financiers d'ici 2026.
Plusieurs raisons ont été évoquées par le gouvernement du Bénin. Il s’agit de l’insécurité au Sahel, la guerre russo-ukrainienne, la Covid-19 et surtout le changement climatique. Les fonds obtenus viendront s’ajouter aux 86 milliards de francs Cfa (plus de 136 millions d’euros) déjà mobilisés par les autorités béninoises, dans le cadre de cette initiative. Selon le ministère béninois en charge de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, 26% des ménages sont en insécurité alimentaire au Bénin, dont 1,9% en insécurité sévère.
Les impacts de cette mobilisation financière
Dans les quatre prochaines années, le gouvernement béninois pourrait avoir une production supplémentaire de 400.000 tonnes de maïs, de 1,5 million de tonnes de manioc, et 300.000 produits maraîchers. Pour y parvenir, des aménagements hydro agricoles pour une maîtrise totale des sources d’eau seront réalisés en aval des petits barrages en terre, ainsi qu’au niveau des plaines et vallées pour contrôler l’irrigation. Porto-Novo mise également sur l’utilisation de “ semences certifiées et climato-intelligentes de bonne qualité par les producteurs”.
Quant au secteur de l’élevage, plusieurs améliorations seront apportées pour accroître l'économie béninoise. Parmi lesquelles: de nouveaux aménagements aquacoles; la sédentarisation de l’élevage des gros ruminants comme moyen d’adaptation aux régimes pluviométriques; ainsi que la mise en place des engrais et autres intrants végétaux, animaux et halieutiques, ce qui favorisera la production de 150.000 tonnes de viande toutes espèces confondues et de 5.000 tonnes de poisson à l’horizon 2026 au Bénin. Le ministère en charge de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche du Bénin a précisé que pour atteindre ces différents objectifs, des matériels et équipements modernes de production et de transformation seront mis à la disposition des acteurs agricoles.