Par Fortuné DOTIN
Porté par Salimata Keita, ce rendez-vous d’émotion et de reconnaissance a rassemblé au sein de la cour de la Reine, le maire d’Abomey, des représentants du gouvernement, de l’Institut National de la Femme (INF), de l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (ADAC) ainsi que plusieurs acteurs économiques et institutionnels. Réunis dans la même ferveur, ces acteurs ont célébré la mémoire de Tassi Hangbé et réaffirmé leur engagement commun pour la valorisation du patrimoine et le rayonnement du leadership féminin.
Sous les chants et les parures d’apparat, la cour royale a renoué avec sa grandeur d’antan. Le porte-parole du roi Houégbadja a béni la cérémonie «qui honore la mémoire de nos ancêtres et rappelle au monde que l’histoire du Danxomè vit encore à travers ses fils et ses filles». L’hommage à Tassi Hangbé, reine immortelle dans la mémoire collective, a pris la forme d’un acte de réhabilitation historique, où culture, économie et diplomatie patrimoniale se sont entremêlées.
Le maire d’Abomey, Antoine Djèdou, a salué «un pacte de réhabilitation de notre mémoire collective» et insisté sur la portée culturelle et économique de la valorisation du patrimoine: «L’histoire d’Abomey n’est pas un livre poussiéreux. C’est une ressource vivante qui nourrit notre fierté, attire le monde et crée des opportunités pour nos jeunes». Il a réaffirmé l’engagement de la municipalité à soutenir «toutes les initiatives culturelles qui font revivre nos figures historiques et renforcent l’attractivité de notre cité royale».
Pour Huguette Bokpè Gnacadja, présidente de l’Institut National de la Femme, la distinction dépasse le cadre symbolique: «Il était temps que l’histoire soit racontée par ceux qui en sont les premiers concernés: nous-mêmes». En célébrant Tassi Hangbé, a-t-elle poursuivi, le Bénin reconnaît la centralité des femmes dans la construction du royaume: «Amazones nous sommes, amazones nous resterons et nous transmettrons cette force à nos filles et à nos petites-filles». Une parole qui résonne avec la mission de l’INF, engagée pour la visibilité et la promotion des femmes dans la société.
Dans le même esprit, Salimata Keita, fondatrice de Le Bénin se rév’ELLES, a souligné que «révéler une femme inspirante, c’est bien plus qu’un hommage. C’est une manière de rappeler à chaque génération qu’elle porte en elle la force de bâtir, de créer et de transformer son environnement». Le projet, lancé le 11 mars 2025 à Cotonou en présence de la vice-présidente Mariam Chabi Talata, entend bâtir un pont entre l’héritage des reines et le leadership contemporain des femmes béninoises.
Le directeur général de l’ADAC, William Codjo, a replacé la cérémonie dans la continuité du rayonnement culturel du royaume: «Le Bénin n’a pas commencé à exister en 1960. Il plonge ses racines bien plus loin. Des siècles d’histoire s’expriment à travers ces murs et ces traditions que nous devons préserver, transmettre et offrir au monde comme notre contribution à la civilisation universelle». Pour lui, honorer Tassi Hangbé, «c’est reconnaître la bravoure, la résilience et le courage au féminin» et inscrire le Bénin dans une diplomatie culturelle fondée sur la fierté de ses origines.
Cette vision a trouvé un écho particulier dans l’engagement de la BIIC Financial Services, qui avait sponsorisé Le Bénin se rév’ELLES à Porto-Novo (Miss Dahomey 1962) et soutient aujourd’hui celui d’Abomey. Représentée par son directeur général Herman Houegbelo, l’institution a salué la portée symbolique de cette distinction et réaffirmé l’appui du secteur financier à la promotion de l’autonomisation économique des femmes. «Reine Tassi Hangbé, que cette récompense vous rappelle à jamais le modèle que vous incarnez pour les femmes d’aujourd’hui et celles de demain», a-t-il conclu.
Le ministre conseiller au Tourisme, à la Culture, aux Arts et aux Sports, Ayibatin Jonas Hantan, a enfin annoncé que le gouvernement accompagnera la pérennisation du trophée et la restauration du palais royal: «Ce n’est pas une promesse, c’est une nécessité. Le gouvernement fera le nécessaire pour que cette distinction devienne une référence nationale, inscrite durablement dans le temps». Une perspective qui donne à l’initiative un ancrage institutionnel et une portée économique durable, en faisant du patrimoine un levier de développement et d’attractivité.
Sous les bénédictions de la reine Tassi Hangbé, Le Bénin se rév’Elles continue sa route avec éclat et vigueur. En célébrant cette reine d’acier, l’initiative fait du patrimoine un levier d’avenir et inscrit le pays dans une dynamique où l’héritage du Danxomè inspire une nouvelle génération d’Amazones contemporaines.