Par Claudia Kenou
Le mardi 15 avril 2025, Dakar a accueilli la réunion plénière du Groupe des superviseurs bancaires francophones (GSBF), marquant le début de la présidence de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pour la période 2025-2026.
À cette occasion, le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a présenté les grandes lignes de la feuille de route que l’institution entend suivre durant son mandat. L’objectif est clair : renforcer la stabilité, la résilience et la durabilité des systèmes bancaires dans les pays membres. Parmi les projets phares, figurent le déploiement d’une plateforme interopérable de paiement instantané, actuellement en phase pilote ; l’intégration des risques climatiques dans les stratégies de supervision, dans un contexte où les effets du changement climatique sont de plus en plus tangibles dans la région et une attention particulière portée à la synergie entre les autorités de supervision des différents pays membres du GSBF. «Le GSBF joue un rôle essentiel dans le renforcement de nos systèmes bancaires. Ce mandat sera placé sous le signe de la coopération et de l’innovation», a déclaré Jean-Claude Kassi Brou.
Le secrétaire général du GSBF, Emmanuel Rocher, a salué l’engagement du nouveau président et la dynamique apportée à cette première réunion organisée en Afrique de l’Ouest. Il a également souligné les avancées notables dans la zone UMOA, qui pourraient servir d’exemple à l’international.
Par ailleurs, plusieurs thématiques stratégiques ont été abordées, notamment la monnaie digitale et ses implications pour les systèmes bancaires ; l’utilisation de l’intelligence artificielle en politique monétaire ; la cybersécurité, qui devrait faire l’objet d’une stratégie collective lors des prochaines réunions et la surveillance des moyens de paiement. Une conférence internationale est prévue en mai pour approfondir ces sujets. En amont, la BCEAO et la Commission bancaire de l’UMOA ont participé à des exercices de simulation de crise en février 2025, en collaboration avec la Banque des règlements internationaux (BRI) et la Banque mondiale. Ces exercices visent à améliorer les dispositifs de gestion et de résolution des crises bancaires. Enfin, un rapport de synthèse des réflexions et recommandations issues de cette mandature est attendu, afin d’orienter les prochaines actions du groupe face aux défis actuels du secteur financier. Pour rappel, le GSBF regroupe 34 institutions membres, unies par la volonté de renforcer la supervision bancaire dans l’espace francophone.