Par Claudia Kenou
Le 3 octobre 2025 à Abidjan, les représentants du secteur privé africain ont rencontré Sidi Ould Tah, nouveau président de la Banque Africaine de Développement, pour initier un dialogue renouvelé et poser les bases d’un partenariat stratégique visant à renforcer le rôle du secteur privé dans le développement du continent.
Cette première rencontre a été saluée par les dirigeants du secteur privé africain comme le signe d’un renouveau dans les relations avec le Groupe de la Banque Africaine de Développement. «Nous voulons ici exprimer notre satisfaction pour ce renouveau avec le Groupe de la Banque Africaine de Développement. Nous souhaitons que ce dialogue se transforme très rapidement en partenariat stratégique avec les organisations patronales africaines», a déclaré Ahmed Cissé, président de la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI). Pour Célestin Tawamba, président du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM), cette réunion constitue «un changement de paradigme avec la Banque Africaine de Développement».
Sidi Ould Tah a présenté sa vision stratégique, visant à mobiliser un éventail plus large d’investissements, des partenaires privés aux institutions multilatérales et banques régionales, afin de réduire le déficit de financement de l’Afrique, estimé à plus de 400 milliards de dollars par an. «Grâce à des instruments financiers innovants et à des stratégies renforcées d’atténuation des risques, je suis convaincu que l’objectif de la Banque Africaine de Développement devrait être de multiplier chaque dollar de capital, transformant chaque dollar levé en un investissement productif et transformateur de 10 dollars ou plus», a-t-il expliqué. Le président a également souligné l’importance du rôle du secteur privé pour le développement du continent: «Le développement de l’Afrique se fera avec le secteur privé ou ne se fera pas». Il a écouté les préoccupations et propositions des représentants du patronat africain, portant sur l’accès aux financements, le soutien aux champions africains, le renforcement des capacités du secteur privé, les mécanismes de garantie et l’accompagnement des banques nationales et régionales.
Les parties ont convenu de maintenir un dialogue permanent, avec des rencontres régulières dans les bureaux pays de la Banque pour recueillir les préoccupations locales et suivre la mise en œuvre des initiatives. Cette dynamique se poursuivra lors de l’Africa Investment Forum (AIF), prévu du 26 au 28 novembre 2025 à Rabat, au Maroc, où Sidi Ould Tah rencontrera l’ensemble des représentants du secteur privé africain. Cette rencontre fait suite à l’ouverture de la 13ème édition de la CGECI Academy, qui rassemble des représentants du secteur privé d’Afrique de l’Ouest, du Centre et du Nord, notamment du Maroc et souligne l’importance d’un dialogue structuré entre la Banque Africaine de Développement et le patronat africain.
Fortuné Dotin