Par Claudia Kenou
Les 22 et 23 avril 2025, la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque islamique de développement (BID) ont renforcé leur partenariat stratégique lors d’une rencontre de haut niveau tenue au siège de la BAD à Abidjan. Objectif : unir leurs forces pour mieux lutter contre la fragilité et renforcer la résilience dans les pays africains, en particulier ceux en transition ou confrontés à des crises récurrentes.
Ce dialogue technique de deux jours a permis aux deux institutions de partager leurs approches, d’échanger des bonnes pratiques et de définir une vision commune en matière de développement durable dans les contextes fragiles. Il s’inscrit dans la continuité d’une coopération engagée depuis plusieurs années, notamment à travers une étude menée en 2019 par la Division de la société civile de la BAD. «Cette alliance stratégique avec la BID renforce notre vision commune de répondre aux défis complexes des États en transition à travers des solutions adaptées au contexte», a souligné Yero Baldeh, directeur du Bureau de coordination des États en transition de la BAD.
La délégation de la BID, conduite par Ahmed Berthe, spécialiste principal des ONG et de la société civile, a salué les efforts de la BAD, notamment sa transition vers une approche anticipative. «Ce partenariat ouvre la voie à une coordination renforcée de nos actions, pour maximiser notre impact sur le terrain», a-t-il déclaré. Parmi les instruments mis en avant lors des échanges, la Facilité d’appui à la transition (FAT) de la BAD, qui a mobilisé plus de 610 millions de dollars en 2024, constitue un outil essentiel d’intervention dans les zones sensibles. Des synergies sont envisagées entre la FAT et les dispositifs de financement de la BID pour mieux répondre aux défis sur le terrain.
La question de la sécurité climatique a également occupé une place centrale. Les deux institutions reconnaissent le lien entre dégradation environnementale et fragilité, notamment dans des régions comme le Sahel ou la Corne de l’Afrique. Elles entendent donc développer des approches intégrées alliant réponse humanitaire, développement durable et consolidation de la paix. Un groupe de travail technique conjoint sera mis en place pour concrétiser les actions prévues dans le cadre de ce partenariat, inscrit dans les stratégies 2022-2026 des deux institutions.