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Diplomatie culturelle : Un nouveau contrat entre l’Afrique et l’Europe ?

Avec sa composante subsaharienne dotée de 8 millions d’euros sur 42 mois, le programme Partenariats Afrique-Europe pour la culture amorce un repositionnement stratégique des relations culturelles entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe. Conçu comme un levier de co-création et de gouvernance partagée, il dépasse la logique traditionnelle de soutien artistique. L’objectif est d’installer une coopération fondée sur la réciprocité, la responsabilité conjointe et l’émancipation des écosystèmes culturels africains à l’échelle régionale et internationale.

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Diplomatie culturelle : Un nouveau contrat entre l’Afrique et l’Europe ?

Avec sa composante subsaharienne dotée de 8 millions d’euros sur 42 mois, le programme Partenariats Afrique-Europe pour la culture amorce un repositionnement stratégique des relations culturelles entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe. Conçu comme un levier de co-création et de gouvernance partagée, il dépasse la logique traditionnelle de soutien artistique. L’objectif est d’installer une coopération fondée sur la réciprocité, la responsabilité conjointe et l’émancipation des écosystèmes culturels africains à l’échelle régionale et internationale.

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Par Claudia Kenou

Avec sa composante subsaharienne dotée de 8 millions d’euros sur 42 mois, le programme Partenariats Afrique-Europe pour la culture amorce un repositionnement stratégique des relations culturelles entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe. Conçu comme un levier de co-création et de gouvernance partagée, il dépasse la logique traditionnelle de soutien artistique. L’objectif est d’installer une coopération fondée sur la réciprocité, la responsabilité conjointe et l’émancipation des écosystèmes culturels africains à l’échelle régionale et internationale.

Philina Wittke, directrice du programme au Goethe-Institut, en résume la philosophie: «Nous établissons des partenariats dans lesquels les acteurs culturels africains conduisent leurs propres stratégies d’internationalisation, tandis que les partenaires européens contribuent sur un pied d’égalité à un véritable dialogue d’apprentissage et de respect mutuel». Une déclaration qui tranche avec les pratiques antérieures, souvent marquées par une hiérarchie implicite dans les échanges culturels. Ici, le pouvoir de décision est partagé. Les acteurs africains ne sont pas seulement invités, ils dirigent.

En effet, cette égalité structurelle se reflète dans l’ensemble du dispositif. Des cadres de gouvernance mixtes, une mise en œuvre multilingue intégrant les langues africaines locales, un impératif de parité hommes-femmes avec un objectif clair de 50% de participation féminine dans toutes les activités. Chaque projet soutenu devra démontrer un effort réel de collaboration équilibrée, évitant toute forme de transfert unidirectionnel. Loin des logiques de vitrine, la culture devient un terrain de négociation, de stratégie et d’horizontalité. Par ailleurs, le programme repose sur quatre axes majeurs qui structurent son action sur le continent. La mobilité constitue un pilier central, en facilitant les échanges artistiques et professionnels à la fois entre l’Afrique et l’Europe, mais aussi à l’intérieur même du continent. L’objectif est de stimuler la circulation des compétences, d’élargir les réseaux de collaboration et de renforcer les liens régionaux entre scènes culturelles africaines encore trop cloisonnées.

Le soutien aux espaces culturels cible les organisations établies, notamment les centres artistiques, lieux de création, collectifs ou structures de production. Ces entités bénéficieront d’un appui technique et institutionnel pour consolider leur rôle de plateforme de création, de coproduction et d’incubation. L’enjeu est de doter les acteurs culturels d’infrastructures viables, capables d’accueillir, de produire et de diffuser des contenus de qualité de manière autonome. Le développement du spectacle vivant représente une troisième priorité. Le programme encourage la conception de projets portés par des tandems euro-africains, organise des rencontres professionnelles réunissant des artistes et opérateurs des deux continents et soutient les tournées de productions africaines dans de nouveaux circuits. Il vise également le renforcement des compétences des intermédiaires culturels tels que les agents, programmateurs ou techniciens dont le rôle est stratégique dans la structuration du secteur.

Enfin, l’axe consacré aux arts visuels met l’accent sur la mise en réseau, la documentation et la co-création. Il s’agit de connecter les artistes et curateurs africains et européens autour de projets conjoints, d’alimenter le discours critique sur les arts contemporains africains et de favoriser la visibilité internationale des productions. Ce volet est conçu pour stimuler l’innovation visuelle tout en assurant une présence pérenne des œuvres et artistes africains sur les scènes globales. Sur un autre plan, la composante subsaharienne fonctionne de manière articulée avec deux autres volets régionaux. En Afrique australe, le programme appuie la production de récits culturels liés au patrimoine. En Afrique de l’Ouest, il accompagne l’internationalisation des festivals et le renforcement des capacités dans 15 pays, du Bénin au Ghana, du Sénégal à la Guinée-Bissau. Cette architecture garantit une couverture continentale tout en évitant les redondances. Chaque zone est abordée avec ses spécificités et son potentiel stratégique.

Ce nouveau contrat culturel repose enfin sur une ingénierie de partenariat public européen innovante. Piloté par le Goethe-Institut, Expertise France et l’Institut français, le programme bénéficie d’un financement de l’Union européenne à travers l’instrument NDICI - Global Europe. Ce montage permet à la fois une efficacité opérationnelle et une proximité avec les acteurs de terrain. En plaçant les institutions africaines au centre de la décision, le programme tourne le dos à l’assistanat et consacre une nouvelle ère de coopération. Une coopération fondée non sur le partage de fonds, mais sur le partage de responsabilité, de sens et de souveraineté créative.

Fortuné Dotin

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