Par Claudia Kenou
Du tri sélectif aux brigades vertes, en passant par les concours de recyclage, cinq établissements du Grand Nokoué ont été élevés au rang d’«écoles écocitoyennes», vendredi 23 mai à Cotonou. Une cérémonie sobre et solennelle qui marque l’aboutissement d’un programme-pilote inédit porté par la Société de Gestion des Déchets et de la Salubrité (SGDS SA), en partenariat avec la fondation ReBin et sous l’égide du ministère du Cadre de vie.
Le rideau est tombé sur la première phase du PEEMS, Programme d’éducation à l’écocitoyenneté en milieu scolaire, lancé il y a un an dans les communes du Grand Nokoué. À la manœuvre, la SGDS, opérateur public de la gestion des déchets, qui assume ici un rôle pédagogique: celui d’implanter, dès le plus jeune âge, les réflexes de la citoyenneté environnementale.
Dans une salle bleue du Palais des Congrès de Cotonou aux allures de conclave, cinq établissements dont trois publics et deux privés ont été distingués et labellisés écoles écocitoyennes pour la constance et la qualité de leur engagement. De plus, plusieurs enseignants et élèves se sont vus décerner des prix d’excellence pour leur leadership environnemental. Par ailleurs, chacun de ces établissements s’est vu remettre un lot composé d’un chèque de 500.000 francs Cfa, d’une brouette, de balais et de divers matériels de propreté destinés à renforcer leur autonomie dans la gestion des déchets. «Il ne s’agit pas d’un simple programme d’animation scolaire, mais d’un projet structurant dont les résultats sont tangibles et durables», a insisté Gilles Amoussou, directeur général de la SGDS. L’ambition est claire: faire émerger un vivier de jeunes citoyens engagés, à même de penser et de pratiquer l’écologie au quotidien.
En effet, mis en œuvre dans 25 établissements du grand Nokoué, le PEEMS a articulé plusieurs dispositifs. Installation de poubelles de tri, création de clubs écocitoyens, compétitions de recyclage, campagnes d’affichage et de sensibilisation sur les gestes responsables. À chaque étape, un suivi rigoureux a été assuré par les services techniques de la SGDS, en lien étroit avec les directions d’école. Partenaire stratégique de l’opération, la fondation ReBin a joué un rôle moteur, tant sur le plan pédagogique que logistique. Présent à la cérémonie, Mark Giannelli, président de la fondation, a salué «une dynamique collective exemplaire qui témoigne de la capacité de la jeunesse béninoise à s’approprier les grands défis environnementaux». Les kits de tri et outils d’animation conçus par ReBin ont permis d’opérationnaliser sur le terrain une vision souvent cantonnée aux discours: celle d’une écologie populaire, incarnée, territorialisée.
Mandatée par le gouvernement pour faire de la gestion des déchets un levier de développement durable, la SGDS envisage désormais l’extension du programme à l’échelle nationale. «Nous avons démontré que le modèle est pertinent. Il est temps de passer à l’échelle», a indiqué Jeanne Adanbiokou Akakpo, directrice de cabinet du ministre du Cadre de vie, qui a représenté l’exécutif à la cérémonie. Cette montée en puissance s’inscrit dans une logique d’alignement avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) et les engagements du Bénin en matière de gouvernance environnementale. À l’heure où les défis climatiques ne cessent de se complexifier, l’éducation demeure l’un des leviers les plus structurants pour une transition écologique juste et durable. Et la fondation ReBin par le biais du PEEMS ne ménage aucun effort pour cela.
Fortuné Dotin