Par Brunelle TCHOBO
En repositionnant le sinistré au cœur du dispositif et en introduisant un tiers de confiance indépendant, cette insurtech ambitionne de restaurer la confiance, fluidifier les procédures et libérer un potentiel économique encore sous-exploité dans la zone CIMA.
1. Sinistres-Résolutions se présente comme un acteur d’ingénierie assurantielle. Quelle est votre vision fondatrice et en quoi votre approche se distingue-t-elle des modèles traditionnels de gestion des sinistres dans la zone CIMA ?
Marius Houndenou: La vision fondatrice de Sinistres-Résolutions est née d’un constat simple, presque brutal : dans la zone CIMA, les acteurs parlent plus d’assurance par les taux de souscription, les chiffres d’affaires et les ratios divers, mais on ne parle sérieusement que très peu du sinistre. Or le sinistre, c’est le moment de vérité. C’est l’instant où un contrat doit prouver qu’il valait quelque chose. Et c’est précisément là que le système dysfonctionne le plus. Partis des injustices vécues par des millions de sinistrés, nous visons ainsi à contribuer à rééquilibrer le rapport de force assureur-assuré.
Les modèles traditionnels ont un point commun : malgré le cadre réglementaire que pose le Code CIMA, dans la pratique, c’est presque l’assureur qui fait la loi. L’assureur crée le produit, l’assureur évalue le sinistre, l’assureur fait l’offre, l’assureur paie ou ne paie pas. L’assuré, lui, navigue bien souvent seul dans un processus qu’il ne comprend pas, avec des droits qu’il ne connaît pas, face à une institution qui dispose de juristes, d’experts et de procédures rodées.
Sinistres-Résolutions crée une catégorie qui n’existait pas : une insurtech, étant un tiers de confiance technique indépendant, positionné exclusivement dans la gestion 360° du sinistre en assurance, depuis la souscription jusqu’à l’indemnisation. Nous ne vendons pas de contrats d’assurance.
Nous ne sommes non plus pas un cabinet d’avocats, mais plutôt des experts de la gestion du sinistre en assurances, quelle qu’en soit la branche, comptant dans nos rangs plusieurs spécialistes chevronnés à divers niveaux et disposant de tout un écosystème dédié, mettant cette expertise au service de ceux qui en ont le plus besoin, en l’occurrence les assurés, victimes et bénéficiaires de contrats d’assurance, au moment où il le faut.
2. En quoi la problématique des sinistres est-elle aujourd’hui un frein majeur au développement du secteur ?
Marius Houndenou: On parle beaucoup du taux de pénétration assurantielle en Afrique : moins de 3% du PIB en zone CIMA contre 7 à 12% dans les marchés matures. Et on cherche les solutions du côté des produits : créer de nouvelles offres, baisser les primes, innover sur les canaux de distribution. C’est nécessaire, mais c’est insuffisant. Parce que le vrai problème n’est pas à l’entrée du système. Il est à la sortie.
L’assurance est un contrat de confiance différé. On paie aujourd’hui pour être protégé demain. Cette confiance ne se construit pas sur une belle brochure ou un tarif compétitif : elle se construit sur l’expérience du sinistre. Et ce que vivent des millions d’assurés en zone CIMA au moment du sinistre, c’est la déception, le silence, le refus, l’offre dérisoire, la procédure kafkaïenne. Certains abandonnent. D’autres finissent par signer une transaction bien en dessous de leurs droits réels parce qu’ils ne savent pas qu’ils peuvent contester.
Chacun de ces assurés déçus devient un détracteur actif. Il raconte son expérience à sa famille, à ses collègues, à ses clients. Il leur déconseille de s’assurer. C’est ainsi qu’un problème de gestion des sinistres des compagnies devient un problème de marché, puis un problème économique national et même continental.
Prenons l’exemple de près de 520 milliards de francs Cfa de sinistres non-vie payés en 2024 en zone FANAF, qui ne sont que la partie visible de l’iceberg. Dans ce montant, nous avons certes des sinistres justement réglés, mais aussi des sinistres payés qui sont sous-indemnisés, et ces données ne concernent que les sinistres qui ont été jugés indemnisables.
Par contre, les chiffres des sinistres contestés ne ressortent pas, ni ceux indemnisables abandonnés par les victimes pour diverses raisons. C’est de l’argent qui devrait circuler dans l’économie réelle et qui reste bloqué dans des dossiers non résolus. Mieux, ces sinistrés sont de potentiels clients pour d’autres types de couvertures à souscrire, sans oublier le rôle de prescripteur des assurés d’hier pour les assurables d’aujourd’hui, dans l’optique que ces derniers deviennent les assurés de demain. Résoudre le problème du sinistre, ce n’est pas seulement rendre justice à un assuré. C’est réparer la confiance qui est le carburant de tout le secteur.
3. Sinistres-Résolutions ne se limite pas à un service, mais propose un dispositif complet couvrant tout le cycle assurantiel. Veuillez nous expliquer la logique globale de ce modèle intégré et ce qu’il change concrètement pour les assurés et les assureurs.
Marius Houndenou: La logique est celle d’un accompagnement de bout en bout, et non d’une intervention ponctuelle au moment de la crise. Parce que le sinistre ne commence pas le jour où le camion percute votre véhicule ou le jour où votre entrepôt prend feu. Il commence le jour où vous signez votre contrat. Et si ce contrat a des lacunes de couverture, comme des incompatibilités entre les garanties souscrites par rapport aux risques réels, des capitaux insuffisants comparativement à ceux réellement engagés, des exclusions inadaptées ou cachées, ou des clauses défavorables que vous n’avez pas vues ou comprises, vous êtes vulnérable bien avant le sinistre.
Nous intervenons donc en amont, avec l’audit préventif et l’audit proactif du contrat, deux services qui permettent d’identifier les failles et de les corriger avant qu’il ne soit trop tard. Nous intervenons à la survenance du sinistre pour évaluer sa recevabilité et préparer, pour ceux ayant droit techniquement à une indemnisation, car tous les sinistres ne sont pas indemnisables, la collecte des pièces nécessaires à la constitution d’un dossier optimal pour enclencher la procédure, en faisant gagner tant au sinistré qu’à la compagnie un temps précieux.
Nous intervenons pendant la procédure pour piloter le dossier, structurer l’argumentation et maintenir un suivi constant sur le respect des dispositions légales. Nous intervenons en toute fin de processus pour vérifier que l’offre d’indemnisation est complète et conforme avant que l’assuré ne signe tout document. À tout cela s’ajoute le suivi psychologique des sinistrés par nos psychologues.
Ce que cela change concrètement pour l’assuré, c’est de ne plus jamais se sentir seul face à une institution. Pour les assureurs, c’est moins de contentieux longs et coûteux, car un assuré bien accompagné qui obtient une indemnisation juste et rapide ne va pas en justice. C’est aussi une meilleure qualité des dossiers reçus, ce qui accélère leurs propres délais de traitement. Sinistres-Résolutions ne leur est pas opposé : elle est l’acteur qui fluidifie une chaîne qui semble grippée et dont tout le monde souffre.
4. Votre solution repose sur sept services complémentaires, allant de l’audit préventif à l’accompagnement post-sinistre. Quels sont, selon vous, les leviers les plus transformants dans cette chaîne de valeur ?
Notre solution s’articule autour de sept services : audit préventif du contrat ; audit proactif ; audit de recevabilité du sinistre ; constitution et pilotage du dossier ; audit de l’offre d’indemnisation ; suivi de procédure ; accompagnement post-sinistre.
Si je devais en choisir deux, je dirais le service 3 et le service 5. Le service 3, l’audit de recevabilité du sinistre, est ce que j’appelle le service de la première heure. C’est l’intervention immédiate à la survenance du sinistre, avant même que l’assuré ait déposé sa déclaration. Dans les premières heures, les erreurs sont irréparables : une déclaration mal rédigée, un préjudice non documenté, et le dossier est fragilisé pour toute sa durée. Être là à ce moment précis change tout à l’issue finale.
Le service 5, l’audit de l’offre d’indemnisation, est celui qui révèle le mieux pourquoi Sinistres-Résolutions était nécessaire. Savez-vous que la majorité des assurés signent l’offre d’indemnisation qui leur est présentée sans jamais l’avoir vérifiée ? Même s’ils savent qu’ils peuvent refuser, pour certains, ils ne sont juste pas qualifiés pour analyser les erreurs et insuffisances potentielles de l’offre présentée, ni encore moins avoir la capacité technique de la faire justement réévaluer.
Par exemple, ils ne savent pas forcément ce qu’est un chef de préjudice, ni si, dans leur cas, des chefs de préjudice indemnisables ont été omis ; ou que des pénalités de retard sont dues si l’assureur a dépassé des délais légaux.
5. Vous insistez sur la question de la confiance, souvent fragilisée dans la relation assureur-assuré. Comment Sinistres-Résolutions contribue-t-elle à rétablir cette confiance de manière durable ?
Marius Houndenou: La confiance se rétablit par la preuve, pas par le discours. C’est vrai pour l’assuré individuel, et c’est vrai pour le secteur dans son ensemble.
Pour l’assuré, la confiance se rétablit dossier par dossier, résultat par résultat. Quand un assuré qui avait quasiment renoncé à son indemnisation finit par recevoir ce à quoi il avait réellement droit, parfois deux à trois fois l’offre initiale, il ne l’oublie pas. Il en parle. Ce client devient notre meilleur commercial. Et son témoignage fait plus pour la confiance dans l’assurance que n’importe quelle campagne institutionnelle.
Pour le secteur, nous contribuons à la confiance de deux façons. D’abord en rendant visible ce que le Code CIMA garantit : des droits précis, des délais légaux, des pénalités en cas de non-respect. Beaucoup d’assurés ne savent pas que la loi est de leur côté. Notre rôle est de le rendre compréhensible et accessible, c’est pourquoi notre plateforme technologique sera disponible en français simplifié et dans des langues dialectales locales, parce que les droits ne valent que si les gens peuvent les comprendre.
Ensuite, en créant un espace de dialogue structuré entre assurés et assureurs qui remplace la défiance par la procédure. Un litige traité avec méthode et transparence est moins destructeur pour la relation qu’un litige ignoré ou mal géré.
6. Votre projet ambitionne d’avoir un impact macroéconomique mesurable, notamment sur le PIB et l’investissement. Comment passe-t-on concrètement d’une meilleure gestion des sinistres à une accélération de la croissance économique ?
Marius Houndenou: La chaîne de transmission est directe, mais elle passe par un maillon que l’on sous-estime systématiquement : la confiance.
Un entrepreneur qui sait que son assurance fonctionne vraiment prend plus de risques. Il investit dans un entrepôt plus grand, dans des équipements plus performants et plus coûteux, dans des stocks plus importants, parce qu’il sait qu’en cas de sinistre, il sera indemnisé rapidement, équitablement, sans bataille juridique. Cette libération du risque n’est pas psychologique. Elle est économique. En l’absence de cette confiance, les entreprises immobilisent du capital en réserves de précaution improductives. De l’argent qui ne travaille pas, qui ne crée pas d’emplois, qui ne génère pas de valeur ajoutée. La confiance restaurée dans le règlement des sinistres, c’est précisément ce capital gelé qui se remet en mouvement.
Et cette confiance se traduit mécaniquement par une hausse des souscriptions, donc des primes collectées. Regardons les chiffres du Bénin. Le taux de pénétration assurantielle s’établit autour de 0,8% du PIB en 2024, où le secteur représente 98 milliards de francs Cfa de primes sur un PIB de 12.960 milliards de francs Cfa. C’est l’un des taux les moins importants de la zone CIMA malgré le fort potentiel, dans un marché dominé à plus de 70% par les assurances obligatoires, à l’instar de l’assurance automobile. Autrement dit : on souscrit parce qu’on y est contraint, pas parce qu’on y croit.
Prenons un gain potentiel de 0,5 point de pénétration, objectif ambitieux mais documenté par les trajectoires d’autres marchés africains ayant engagé des réformes sérieuses, représentant 65 milliards de francs Cfa de primes nouvelles. Ces primes ne sont pas un simple chiffre d’affaires sectoriel. Elles déclenchent une cascade d’effets économiques concrets :
Premier niveau : les effets fiscaux directs. Ces primes génèrent de la taxe sur les contrats d’assurance taxables, de la TVA sur les services d’intermédiation et de l’impôt sur les bénéfices des compagnies. Ce sont des recettes domestiques additionnelles, sans endettement, sans aide extérieure. Dans le contexte des engagements de mobilisation fiscale du Bénin, c’est un levier pour l’instant sous-exploité.
Deuxième niveau : la substitution aux dépenses publiques non planifiées. C’est l’effet le moins visible, mais l’un des plus structurants. En l’absence d’assurance privée fonctionnelle, les chocs économiques, comme un incendie d’entrepôt, un accident industriel ou un sinistre agricole, se répercutent sur les ménages, fragilisent les entreprises et remontent vers l’État sous forme de demandes de soutien d’urgence, de défaillances dans les chaînes d’approvisionnement ou d’aggravation des besoins en protection sociale. Une assurance qui règle vite et bien, c’est un amortisseur économique privé qui soulage le budget public.
Troisième niveau : l’investissement institutionnel dans l’économie réelle. C’est ici que la mécanique macroéconomique s’enclenche pleinement. Les primes collectées ne dorment pas dans les coffres des compagnies. Elles sont placées en obligations du Trésor, en financement d’infrastructures, en crédit aux PME et en divers autres investissements. Les compagnies d’assurance sont, structurellement, des investisseurs institutionnels de long terme. Chaque franc de prime supplémentaire collectée localement est un franc de capital institutionnel qui reste dans l’économie béninoise, plutôt que d’être absorbé par la réassurance offshore qui capte aujourd’hui entre 30 et 40% des primes brutes du marché, réduisant d’autant la valeur nette retenue sur le territoire.
Le résultat macroéconomique. Dans une économie qui affiche déjà plus de 6,7% de croissance annuelle, cet afflux de capitaux institutionnels locaux contribuerait au minimum entre 0,1 et 0,25 point de croissance additionnelle par an, soit entre 13 et 32 milliards de francs Cfa de PIB supplémentaire pour le seul Bénin, chaque année, de façon récurrente.
Sur un horizon de cinq ans, en adoption progressive, c’est entre 65 et 160 milliards de francs Cfa de valeur ajoutée cumulée, à condition que deux exigences soient respectées : la solidité prudentielle des compagnies d’abord, la croissance du marché ensuite. Faire grossir un marché fragile ne crée pas de richesse ; cela crée des bombes à retardement.
C’est là que notre positionnement devient stratégique. Une société spécialisée dans la gestion des sinistres n’est pas qu’un prestataire technique. Elle est l’opérateur de la confiance. C’est elle qui transforme une promesse contractuelle restée abstraite jusqu’ici en indemnisation concrète, rapide, juste et ressentie. C’est son impact sécuritaire qui motive le souscripteur indécis à renouveler sa police l’année suivante, l’incite à souscrire pour un montant plus élevé en ajoutant d’autres garanties et même à devenir prescripteur.
En professionnalisant le règlement des sinistres, en réduisant les délais, en objectivant les évaluations, en fluidifiant la relation entre l’assuré, la compagnie et les experts, nous ne résolvons pas seulement un problème opérationnel intergénérationnel : nous contribuons à déverrouiller le moteur économique de tout le secteur. Et ce déverrouillage a un prix de marché, une valeur fiscale et un impact sur le PIB qui se mesurent. Pas en théorie. En milliards de francs Cfa, chaque année.
7. Quelle place occupent les technologies dans votre modèle et quels gains concrets permettent-elles d’obtenir ?
Marius Houndenou: Le sinistré est au cœur de notre approche. La technologie est ce qui nous permet de tenir la promesse que nous lui faisons et de la tenir à une échelle que le modèle artisanal actuel ne permet pas.
Aujourd’hui, en zone CIMA, le sinistre est le moment de vérité de l’assurance et c’est précisément le moment où tout le système semble délaisser l’assuré, comme dit plus haut. Il a payé ses primes pendant des années. Le jour où il a besoin que le contrat fonctionne, il découvre un univers parallèle : des régleurs qu’il n’a jamais rencontrés, des pièces qu’on lui demande au compte-gouttes ou qu’il n’a plus, des délais que personne ne lui explique vraiment, une offre d’indemnisation qu’il n’a aucun moyen de vérifier.
Le délai moyen de règlement d’un sinistre non-vie en zone CIMA dépasse encore parfois un an et demi. En automobile, certains dossiers traînent même jusqu’à trois ans. Ce n’est pas un dysfonctionnement, c’est hélas juste le fonctionnement d’un système qui, malgré les efforts des autorités et du cadre réglementaire, fonctionne sans contrepoids réel dans la pratique.
Sinistres-Résolutions est ce contrepoids. La technologie est ce qui le rend opérant. La première dimension est l’accès à l’information, donc la transparence totale pour l’assuré. Dès l’ouverture d’un dossier, l’assuré accède, via son téléphone, en français simplifié, en fon, en yoruba, en wolof selon son marché, et même en interface vocale pour ceux qui ne lisent pas, à l’état exact de son dossier en temps réel. Il sait qui le traite, à quelle étape il en est, ce qui manque, et surtout quand l’assureur doit légalement lui répondre.
Notre moteur IA est entraîné spécifiquement sur le Code CIMA, compare le dossier avec des cas similaires, estime l’indemnisation probable, identifie les chefs de préjudice que l’offre de la compagnie risque d’omettre.
Et la fraude dans tout ça ? J’y viens, mais je veux la remettre à sa juste place. La fraude existe, elle coûte cher au secteur, c’est documenté partout, mais le premier ennemi de l’assuré honnête, ce n’est pas le fraudeur. C’est la saturation que la fraude provoque. Quand un service sinistre reçoit des centaines de dossiers dont une fraction est non recevable, hors garantie, prescrite, incohérente, intentionnellement gonflée, il consacre l’essentiel de ses ressources à trier. Les dossiers légitimes attendent dans la même file.
Notre audit de recevabilité agit comme un filtre en amont : avant qu’un dossier pris en charge par nos services n’entre dans le circuit de la compagnie, nous l’avons qualifié techniquement. Est-il couvert ? Les délais sont-ils respectés ? Les préjudices sont-ils cohérents ? Ce travail de qualification, tracé et documenté dans notre plateforme, désengorge le système. Il accélère le traitement de ceux qui ont un droit fondé. Et, accessoirement, il rend la fraude beaucoup plus difficile.
8. Quelles sont vos priorités pour le déploiement de Sinistres-Résolutions dans la zone CIMA, et quels partenariats stratégiques seront déterminants pour atteindre vos ambitions ?
Marius Houndenou: Avant de répondre, je veux lever une confusion que cette question porte presque toujours : elle tend à supposer qu’un déploiement exige une présence physique dans chaque pays, sauf que Sinistres-Résolutions n’a pas besoin d’être physiquement installé dans un pays pour y être opérationnel.
Pourquoi ? Parce que le droit le permet. Le Code CIMA est un code unique, commun aux quatorze États membres. Un sinistre automobile à Ouagadougou relève des mêmes articles qu’un sinistre à Douala ou à Libreville. Cette uniformité réglementaire est un actif stratégique que personne n’avait ainsi exploité avant nous jusqu’ici.
Concrètement : un sinistré togolais, gabonais ou nigérien peut, dès aujourd’hui, interagir avec notre plateforme depuis son téléphone, faire auditer son contrat, faire analyser une offre d’indemnisation, et notre équipe traite son dossier depuis notre base avec la même rigueur juridique que s’il était en présentiel. La plateforme ne connaît pas les frontières. L’expertise CIMA non plus.
Cela étant dit, la dématérialisation totale est une illusion dangereuse en Afrique. Un sinistre grave exige parfois une présence sur le terrain : constat physique, négociation face à face, accompagnement humain. C’est pourquoi notre déploiement physique suit une logique différente de notre déploiement technologique : progressif, ciblé, gouverné par une seule question : où notre impact sera-t-il le plus réel ?
Notre réponse : les cinq marchés les plus productifs de la zone FANAF : Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, Burkina Faso, Gabon. Ces pays concentrent un niveau important des primes émises en zone CIMA et présentent les écosystèmes les plus matures, donc ceux où les dysfonctionnements de la chaîne des sinistres sont les plus visibles, les plus coûteux et les plus urgents à corriger.
Le Bénin est notre terrain de preuve : marché à taille humaine, suffisamment structuré pour que les résultats soient visibles par tous, car un précédent créé au Bénin est un précédent valable partout. Parce que le Code CIMA est le même partout. Ce qui fonctionne ici est réplicable à l’identique dans les treize autres pays sans réinventer l’expertise, sans repartir de zéro.
Notre modèle d’implantation, c’est celui des antennes-relais évolutives. On entre dans un marché par une antenne légère, une équipe réduite d’experts locaux connectée à notre plateforme centrale.
Quand le volume justifie la montée en puissance, l’antenne devient une direction pays à part entière. Le Bénin ouvre la voie, la Côte d’Ivoire et le Sénégal suivent, le Cameroun consolide la présence en zone CEMAC, le Burkina Faso complète le maillage ouest-africain. Les neuf autres pays sont servis par la plateforme et des correspondants experts labellisés, en attendant d’atteindre à leur tour le seuil critique qui justifiera une antenne physique. L’expansion est guidée par la demande réelle, pas par l’ambition affichée sur une carte.
Passons aux partenariats. Trois priorités, dans cet ordre. Première priorité : la CIMA et les directions nationales des assurances. Nous ne sommes pas dans une posture de confrontation, mais de complémentarité. La CIMA a édicté les règles. Le problème n’est pas l’absence de règles, ce sont les mécanismes et les moyens pour vérifier qu’elles sont appliquées. Sinistres-Résolutions produit exactement cette vérification, dossier par dossier.
Nos rapports donneront aux régulateurs ce qu’aucun rapport annuel agrégé ne donne : la réalité granulaire de ce qui se passe entre la déclaration du sinistre et le règlement effectif.
Deuxième priorité : le FGA, les associations de sociétés d’assurances nationales et la FANAF. Notre message aux compagnies n’est pas un message de confrontation, c’est un message d’efficacité partagée.
Celles qui paient bien ont intérêt à ce que cela se sache. Celles qui veulent désengorger leurs back-offices ont intérêt à externaliser la qualification en amont des dossiers à un acteur qui leur envoie des dossiers propres, complets, recevables. Moins de provisions contestées, des bilans techniques plus sains, et un argument commercial inédit : « nos dossiers sont traités dans un cadre transparent et traçable ». Un partenariat avec la FANAF, c’est l’accès à tout l’écosystème régional par une seule porte.
Troisième priorité : les partenariats techniques, bailleurs de développement, caisses des dépôts, associations de consommateurs, garages et réseaux de réparation agréés, cabinets médicaux et experts de santé. Ils ne sont pas secondaires ; ils viennent en second. Un tiers de confiance ne se construit pas en s’appuyant sur des cautions extérieures. Il se construit en faisant ses preuves, puis en laissant les cautions s’ajouter d’elles-mêmes.