Par Harry Orekan
Au cœur de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé, là où l’effervescence économique façonne le paysage, une forêt sacrée résiste encore au temps et à l’expansion : la forêt sacrée d’Anavié. Le vendredi 23 mai 2025, cette enclave symbolique a retrouvé un souffle nouveau grâce à une opération de reboisement menée dans le cadre de la Semaine de la biodiversité. L’inspection forestière de la commune de Zè, en partenariat avec le département Environnement, Social et Gouvernance (ESG) de la GDIZ, a choisi ce site chargé d’histoire pour réaffirmer un engagement fort : celui de concilier développement industriel et préservation de la biodiversité.
Cette initiative, loin d’être banale, a réuni sur le terrain les acteurs traditionnels (chef de village, chefs religieux) et les acteurs modernes de l’industrie, qui ont ensemble planté 80 arbres, notamment des baobabs, iroko et fromagers blancs. Ces essences emblématiques, profondément ancrées dans la culture locale et l’écosystème béninois, incarnent cette volonté partagée d’un développement économique responsable, capable d’intégrer le vivant dans son projet. Charles Zannou, responsable de l’inspection forestière, a souligné que «reboiser la forêt sacrée d’Anavié, au cœur même d’une zone industrielle, c’est prouver que développement économique et protection de la biodiversité peuvent avancer ensemble». Cette phrase résume à elle seule la double ambition portée par la GDIZ: devenir un exemple de zone industrielle durable, où la croissance ne se fait pas au détriment de l’environnement mais en harmonie avec lui.
Dans un monde où les investisseurs intègrent de plus en plus les critères ESG à leurs décisions, cette démarche traduit une maturité stratégique qui devrait inspirer les autres zones économiques spéciales. La GDIZ ne se contente pas de développer ses infrastructures; elle entend aussi participer à la préservation du patrimoine naturel, ici symbolisé par une forêt sacrée, lieu de mémoire et de spiritualité. Cette opération de reboisement dépasse donc le simple geste écologique. Elle incarne un modèle de développement industriel réconcilié avec ses racines territoriales et ses responsabilités sociales et environnementales. La forêt d’Anavié, au cœur d’une zone en pleine transformation, est la preuve vivante qu’industrialisation et biodiversité peuvent croître côte à côte.
Fortuné Dotin