Par Joobs Jobo
L’architecte burkinabé natif de Gando, un village du Burkina-Faso, a reçu le mardi 15 mars 2022 le Prix Pritzker à Berlin, en Allemagne. Considéré comme le ‘’ Prix Nobel de l’architecture’’, ce prix est instauré depuis 1979 et c’est la première fois qu’un africain remporte cette distinction.
La distinction est revenue à Diébédo Francis Kéré cette année à juste titre et avec tout un mérite car « Grâce à son engagement pour la justice sociale et à l’utilisation intelligente de matériaux locaux pour s’adapter et répondre au climat naturel, il travaille dans des pays marginalisés, où les contraintes et les difficultés sont nombreuses et où l’architecture et les infrastructures sont absentes » a indiqué un communiqué du Comité d’organisation du Prix Pritzker 2022.
Connu pour son implication dans des projets architecturaux à fort impact public, il est l’artisan de plusieurs constructions en Afrique et dans le monde. Il est d’ailleurs le concepteur du plan du nouveau siège en construction de l’Assemblée nationale du Bénin. L’on peut retrouver ses œuvres également au Burkina-Faso, Mali, Togo, Kenya.
Très impliqué dans le bien être des communautés, Diébédo Francis Kéré pense que « Même les plus dépourvus ont droit au confort, et à la beauté ». Il a construit ainsi des écoles, des logements sociaux, des bibliothèques etc.
Surprise et engagement
Pour lui l’attribution de ce prix est une surprise. Dans une interview accordée au journal Le Monde, il déclare : « Je n’avais jamais imaginé que le travail que je fais, que j’ai toujours considéré comme une affaire personnelle, puisse un jour me valoir la reconnaissance de la Fondation Pritzker. La surprise, très honnêtement, a été énorme. Et si je mesure aujourd’hui le devoir, la grande responsabilité que cela implique, je n’arrive toujours pas à y croire complètement ».
Il prend tout de même l’engagement de ne pas se coucher sur ses lauriers. Il dit avoir conscience de l’importance du prix qui lui est décerné et de continuer à travailler avec plus d’entrain. « C’est le prix le plus important qui existe en architecture, et je le gagne avec un travail qui ne correspond pas à ce que la fondation a l’habitude de distinguer. J’ai le sentiment que les thèmes que je porte sont devenus importants. La responsabilité qui m’incombe est donc de continuer à faire ce que je faisais, avec plus d’engagement encore » explique-t-il au média.