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Finances publiques dans l’UEMOA : Des recettes en hausse, mais des pressions budgétaires persistantes

Les finances publiques des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) montrent ces derniers mois des signes encourageants d’amélioration.

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Par Boris Mawuena

Cette évolution est portée par une progression soutenue des recettes et une réduction du déficit budgétaire. Toutefois, l’alourdissement du service de la dette et la hausse des dépenses courantes continuent de fragiliser les équilibres financiers dans un contexte économique toujours exigeant.

Selon les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), les recettes budgétaires ont atteint 25.396,5 milliards de francs Cfa, soit une augmentation de 13,3% par rapport à l’année précédente. Cette performance repose essentiellement sur les recettes fiscales, qui se sont élevées à 22.160,5 milliards de francs Cfa, en progression de 13,7%. Cette dynamique reflète à la fois la résilience de l’activité économique et les efforts accrus des États pour mobiliser les ressources internes.

Dans cette tendance, le taux de pression fiscale s’est amélioré, passant de 14,4% en 2024 à 14,9% en 2025. Par ailleurs, les dons ont connu une forte progression de 28,1%, pour atteindre 1.223,4 milliards de francs Cfa, traduisant le maintien du soutien des partenaires techniques et financiers.

Du côté des dépenses, la hausse se poursuit, bien que contenue. Les dépenses totales et prêts nets se sont établis à 32.189,9 milliards de francs Cfa, en augmentation de 5,0% sur un an. Cette évolution s’explique principalement par la progression des dépenses courantes, notamment la masse salariale, les charges de fonctionnement et le paiement des intérêts de la dette publique, en hausse de 12,9%.

L’augmentation de la masse salariale, liée aux recrutements et aux avancements dans la fonction publique, illustre les efforts de renforcement des administrations publiques. Toutefois, elle accentue également la rigidité budgétaire. À l’inverse, les dépenses d’investissement ont légèrement reculé, signalant un ralentissement des projets publics dans certains pays de l’Union.

Malgré ces tensions, le solde budgétaire s’est amélioré. Le déficit a été ramené à 5.559,9 milliards de francs Cfa en 2025, soit 3,7% du PIB, contre 5,4% en 2024. Cette réduction témoigne des efforts d’assainissement budgétaire engagés par les États membres, en ligne avec les critères de convergence régionale. Elle constitue également un signal rassurant pour les investisseurs et les partenaires financiers.

Des conditions de financement contrastées

Pour couvrir leurs besoins de financement, les États de l’UEMOA ont accru leur recours au marché régional de la dette. En 2025, les ressources mobilisées ont atteint 15.105,2 milliards de francs Cfa, soit une hausse de 61,5% par rapport à l’année précédente. Les émissions ont été dominées par les obligations du Trésor, avec une préférence marquée pour les maturités de trois et cinq ans, traduisant une stratégie orientée vers le moyen terme.

Sur ce marché, les conditions de financement ont évolué de manière contrastée. Les taux d’intérêt des bons du Trésor ont reculé au quatrième trimestre 2025, favorisés par une amélioration de la liquidité bancaire. En revanche, les rendements des obligations ont légèrement progressé, révélant des tensions sur certaines échéances dans un environnement international encore incertain.

L’encours de la dette publique de l’Union a atteint 93.622,9 milliards de francs Cfa à fin 2025, en hausse de 6,7% sur un an. Toutefois, rapportée au PIB, la dette a diminué, passant de 64,7% à 63,0%, ce qui traduit une amélioration relative de sa soutenabilité.

En dépit de cette évolution, le poids du service de la dette reste préoccupant. Il représente désormais 69,4% des recettes fiscales en 2025, contre 64,5% un an plus tôt, soulignant la pression croissante exercée sur les finances publiques.

Les financements extérieurs continuent également de jouer un rôle clé. En 2025, près de 9.000 milliards de francs Cfa ont été mobilisés auprès de partenaires internationaux. Certains pays, dont le Bénin, ont en outre bénéficié de décaissements dans le cadre de programmes économiques soutenus par des institutions financières internationales, renforçant ainsi leurs capacités de financement.

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