Par Claudia Kenou
La Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) concentre usines, routes neuves, terminaux logistiques et guichets administratifs dans un espace pensé pour séduire les investisseurs. En quatre ans, ce projet phare du partenariat entre l’État béninois et le groupe ARISE s’est imposé comme un instrument stratégique pour transformer sur place les matières premières et réduire la dépendance du pays aux importations.
Pour Létondji Beheton, Directeur Général de la Société d’Investissement et de Promotion de l’Industrie (SIPI-Bénin), société en charge de la gestion et de la promotion de la GDIZ, tout est conçu pour permettre aux investisseurs de démarrer rapidement. «Entre la première prise de contact et le lancement des travaux, il faut compter environ un mois», assure-t-il. Le processus se déroule en plusieurs étapes. L’investisseur présente d’abord son projet industriel, qui est évalué pour déterminer la surface nécessaire. Vient ensuite la signature d’un contrat de réservation de parcelles, acte formel d’engagement. Une demande d’agrément est alors soumise au comité compétent. Une fois cet agrément accordé, l’entreprise peut entamer sans délai la construction de son unité de production.
Des avantages fiscaux et logistiques majeurs
La GDIZ met en avant un régime fiscal attractif. Les entreprises bénéficient d’une exonération totale des droits et taxes sur l’importation de matériel durant la phase d’installation. Elles profitent aussi d’une exonération d’impôt sur les sociétés allant de 12 à 17 ans et disposent d’une liberté totale de rapatriement des capitaux et des revenus. Au-delà de la fiscalité, la zone offre un environnement prêt à l’emploi: routes, électricité, gaz, fibre optique, forages pour l’eau, terminal à conteneurs et terminal à camions. Ce maillage d’infrastructures vise à réduire les coûts logistiques et à sécuriser l’approvisionnement des usines.
Un hub industriel tourné vers la transformation locale
La vocation première de la GDIZ est la transformation des matières premières locales, notamment la noix de cajou, le soja et le karité. Mais la zone cible aussi la production de biens aujourd’hui importés, tels que les médicaments, huiles alimentaires ou vêtements. Une stratégie qui s’inscrit dans la volonté du gouvernement béninois de renforcer l’industrialisation tout en créant des emplois qualifiés. Dotée du statut de port sec, la zone simplifie les opérations d’import-export. Un guichet unique, réunissant 17 administrations, permet aux investisseurs de réaliser toutes les formalités sur place, sans passer par les circuits classiques, souvent longs et fragmentés. Pour Létondji Beheton, la GDIZ est conçue comme «un levier de création de valeur au Bénin et dans la sous-région». En misant sur la transformation locale et en offrant un cadre fiscal compétitif, elle ambitionne de devenir un pôle industriel de référence en Afrique de l’Ouest, capable de rivaliser sur les marchés régional et international.