Par Claudia Kenou
L’économie béninoise bénéficie actuellement d’un apaisement notable de l’inflation, en particulier dans les secteurs de l’énergie et des transports. Toutefois, cette stabilité des prix s’accompagne d’un recul préoccupant du crédit à l’économie, susceptible de freiner l’investissement et la croissance.
Porté par des réformes ambitieuses et une gestion macroéconomique saluée par les institutions internationales, le Bénin fait preuve d’une solide résilience face aux chocs extérieurs. En 2024, l’inflation globale est tombée à 1,2% contre 2,7% en 2023. Ce repli s’explique notamment par la baisse de l’inflation dans les transports: de 11,5% en 2023 à 1,1% en 2024, grâce à la stabilisation des prix du carburant, après la flambée causée par la fin des subventions au Nigeria; la modération des prix dans plusieurs postes de consommation: communications, habillement, mobilier, loisirs et une baisse notable de l’inflation dans le logement: de 6,5% à 3,6% sur un an.
Des tensions subsistent
Malgré cette amélioration globale, certains secteurs continuent de subir des pressions. En ce qui concerne les produits alimentaires, l’inflation est restée faible, mais a doublé pour atteindre 0,8% en raison des tensions régionales et de la fermeture prolongée de la frontière avec le Niger, qui a perturbé l’approvisionnement de certains produits comme l’oignon, dont les prix ont explosé de +83,2% au second semestre 2024; pour ce qui est des services, la restauration et l’hôtellerie ont notamment vu leurs prix grimper, tirés par une demande en forte croissance (+8,4%) mais limités par une offre encore insuffisante.
Un crédit en berne, une menace pour la croissance
Parallèlement à ce recul de l’inflation, le crédit à l’économie - public comme privé - s’est nettement contracté. Cette situation s’explique par une politique monétaire restrictive au sein de l’UEMOA, qui, si elle a contribué à la maîtrise des prix, risque désormais de peser sur l’investissement productif et la dynamique de croissance à moyen terme. En somme, le Bénin a réussi à contenir l’inflation grâce à une gestion économique rigoureuse, mais doit désormais relever un autre défi: stimuler le financement de son économie sans compromettre les acquis de stabilité.