Par Claudia Kenou
Depuis plusieurs semaines, les prix de l'huile d'arachide sur les marchés béninois connaissent une hausse vertigineuse, suscitant l'inquiétude des consommateurs. En quelques mois, le prix du litre est passé de 1.100 FCFA à 1.600 voire 1.700 FCFA tandis que le bidon de 25 litres est désormais vendu à 35.000 ou 40.000 FCFA contre 21.000 à 23.000 FCFA en août dernier. Cette flambée s'ajoute à la hausse généralisée des prix des produits de grande consommation.
Selon Jean-Baptiste Noulèkoun, vice-président de la Fédération nationale des producteurs de palmiers à huile, cette augmentation s'explique en grande partie par un manque de stock d'arachides. « La production nationale ne suffit plus à répondre à la demande locale », a-t-il déclaré au micro de Bip Radio. En plus de la faible production, une part importante des stocks produits localement a été exportée, notamment dans le département des Collines. La hausse des prix n’est pas uniquement due à des facteurs locaux. Selon Noulèkoun, les prix des huiles importées, principalement en provenance d'Indonésie et de Malaisie, ont également grimpé. Cette augmentation est liée à une baisse de la production dans ces pays, accentuant les difficultés d'approvisionnement sur le marché béninois.
Confusion sur l'origine des huiles
Jérémie Dédjan, cadre au ministère de l'Agriculture, a apporté une clarification importante : l'huile conditionnée dans les bidons jaunes de 25 litres n'est pas de l'huile d'arachide, mais de l'huile de palme raffinée. La flambée des prix de cette huile a entraîné une augmentation des prix des autres huiles, y compris l'huile d'arachide.
Une situation qui pourrait s'aggraver
Les perspectives ne sont guère encourageantes. La baisse des récoltes d'huile de tournesol et de colza en Europe, ainsi que la réduction des rendements en Asie du Sud-Est, ont favorisé la spéculation sur les marchés internationaux. Jérémie Dédjan et Jean-Baptiste Noulèkoun avertissent que les prix pourraient continuer à grimper dans les semaines à venir, prolongeant la crise pour les consommateurs. En attendant un retour à la normale, les béninois devront s'armer de patience face à cette hausse des prix qui semble inévitable.