Par Thantan Maurice
Le Bénin à l’instar d’autres pays du monde connaît une hausse des prix des produits de base. Inflation, pénurie et spéculations provoquent un choc majeur sur le marché. Dans une interview accordée au magazine Jeune Afrique, le ministre béninois de l’économie et des finances est revenu sur cette situation et évoque les mesures prises par le gouvernement béninois.
La perte du pouvoir d’achat, l’augmentation générale du coût de la vie et des prix des denrées sont des réalités qui touchent le Bénin. Romuald Wadagni, ministre d’Etat chargé de l’économie et des finances a apporté des éclaircissements sur cet état de chose. Selon lui, la pénurie et la spéculation font sentir davantage la crise. “ Certains commerçants gardent leur stock et tentent de le vendre sous le manteau”, explique t-il.
La menace est réelle et impacte plusieurs secteurs d’activité comme l’agriculture. “La vraie menace, c’est que lors de la prochaine campagne, la production agricole ne soit pas au rendez-vous”, prévient le ministre. Avant de préciser que “cette pénurie ne sera pas due à la spéculation, elle sera bien réelle. Vous avez entendu le président Macky Sall alerter sur le risque de famine en Afrique. Si rien n’est fait pour que les pays africains disposent d’intrants et là, c’est probablement un peu tard pour la campagne 2022-2023, les prix des récoltes seront encore plus élevés”.
Le Bénin a anticipé
Mais face à ces aléas, le gouvernement béninois a pris des dispositions pour soulager les populations. Selon Romuald Wadagni, le Bénin a décidé, entre autres, de :
- renoncer aux prélèvements fiscaux et douaniers pour que le prix soit accessible aux consommateurs. Aussi veiller à ce que les produits locaux ne soient pas pénalisés;
- subventionner des produits pétroliers notamment le gasoil. Car la hausse du prix du gasoil cause une augmentation des prix des produits alimentaires. Donc le gouvernement pense investir dans le gasoil pour ralentir les effets de la hausse;
- réglementer et surveiller les prix des produits fortement subventionnés par l’Etat,
- assurer le plan social de la majorité des béninois extrêmement pauvre au cours de la crise alimentaire.
Toutes ces dispositions vont permettre au Bénin de faire face à la crise afin d’éviter la famine. “Nous allons tenir le temps qu’il faudra car il s’agit de la vie de nos populations. Quoi qu’il en coûte", rassure le ministre.
Kpatagnon KAKPO