Par Janvier Gbedo
En plus des bénéfices économiques que cette initiative pourrait apporter, l'ancien ministre des Finances démontre un sens diplomatique à la fois surprenant et avantageux. De la rigueur économique à un pragmatisme diplomatique, c'est l'image que projette désormais le Président Romuald Wadagni. Dès son arrivée au pouvoir, il a rapidement initié une tournée sous-régionale. Ce voyage diplomatique a d'abord ciblé les pays voisins du Bénin avant de s'étendre à la Côte d'Ivoire. En visitant successivement le Nigeria, le Niger, le Burkina Faso, le Togo et la Côte d'Ivoire, le président a cherché à stabiliser l'environnement immédiat du pays et à rétablir des canaux de communication directs au plus haut niveau.
En se rendant dans des pays membres de la CEDEAO et de l'AES, Romuald Wadagni a utilisé l'économie comme un moyen d'intégration. Fort de son expérience en gestion économique et financière en tant que ministre, il applique désormais ces compétences dans le domaine diplomatique. Durant cette tournée, la visite du Niger était le point le plus crucial de cette initiative. Elle met en avant la maîtrise des enjeux diplomatiques par le nouveau président. Les relations économiques et douanières entre Cotonou et Niamey étaient bloquées depuis trois ans à cause des sanctions régionales et de la fermeture des frontières. Ce qui avait un impact sur le trafic du Port autonome de Cotonou et l'acheminement des marchandises vers le Niger. La rencontre entre les deux chefs d'État à Niamey a permis de briser ce statu quo.
Ce dialogue a conduit à la création, et à l'activation d'un comité technique conjoint à Niamey. Ce comité est chargé d'identifier les obstacles réglementaires, sécuritaires et douaniers pour planifier la réouverture progressive des voies de transit et relancer les échanges commerciaux interrompus depuis trois ans. Au-delà des avantages douaniers directs pour l'axe Cotonou-Niamey, l'initiative de Romuald Wadagni formalise une compétence diplomatique qui va au-delà de la simple gestion budgétaire. En dialoguant avec les capitales de la CEDEAO et de l'AES, le Bénin assure la continuité des contacts.
Cette capacité à négocier avec ces blocs régionaux aux positions variées met en lumière le lien entre l'ingénierie financière et la négociation politique. De plus, Romuald Wadagni positionne le Bénin comme un facilitateur stratégique en Afrique de l'Ouest.










