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Révolution maritime au Bénin : Enabel forge des compétences de pointe pour une souveraineté nouvelle

En matière maritime, le prestige d’un État se mesure autant à sa capacité d’action en mer qu’à la qualité des femmes et des hommes qui en assurent la gouvernance. C’est dans cet esprit que le Bénin affine silencieusement mais méthodiquement, son arsenal de souveraineté. Le jeudi 17 avril 2025, dans l’enceinte feutrée de l’Agence nationale des affaires maritimes (Ancaem), une cérémonie d’apparence académique a révélé les contours d’une transformation bien plus stratégique qu’elle n’y paraît.

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Révolution maritime au Bénin : Enabel forge des compétences de pointe pour une souveraineté nouvelle

En matière maritime, le prestige d’un État se mesure autant à sa capacité d’action en mer qu’à la qualité des femmes et des hommes qui en assurent la gouvernance. C’est dans cet esprit que le Bénin affine silencieusement mais méthodiquement, son arsenal de souveraineté. Le jeudi 17 avril 2025, dans l’enceinte feutrée de l’Agence nationale des affaires maritimes (Ancaem), une cérémonie d’apparence académique a révélé les contours d’une transformation bien plus stratégique qu’elle n’y paraît.

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Par Claudia Kenou

En matière maritime, le prestige d’un État se mesure autant à sa capacité d’action en mer qu’à la qualité des femmes et des hommes qui en assurent la gouvernance. C’est dans cet esprit que le Bénin affine silencieusement mais méthodiquement, son arsenal de souveraineté. Le jeudi 17 avril 2025, dans l’enceinte feutrée de l’Agence nationale des affaires maritimes (Ancaem), une cérémonie d’apparence académique a révélé les contours d’une transformation bien plus stratégique qu’elle n’y paraît.

Neuf hauts fonctionnaires béninois dont magistrats, officiers marins, diplomates et cadres de l’administration publique ont officiellement reçu leurs diplômes de Master 2 en droit et sécurité des activités maritimes et océaniques. Un parcours exigeant, suivi à l’Institut de sécurité maritime et océanique d’Abidjan (Ismi), sous l’égide de l’Université de Nantes, avec l’appui décisif de l’Union européenne et de l’Agence belge de développement Enabel. Pendant dix mois, ces profils pointus ont navigué au cœur des normes internationales, des enjeux géostratégiques et des arcanes juridiques qui gouvernent aujourd’hui les mers africaines.

«Il s’agit d’une formation académique de très bonne stature, portée par une exigence technique et scientifique élevée», a affirmé Marc Gbegnidé, magistrat et porte-voix de la promotion béninoise. Derrière cette phrase, un engagement. Celui d’une génération d’agents publics désormais mieux outillés pour structurer, sécuriser et défendre les intérêts maritimes du Bénin sur les scènes nationales, régionales et internationales.

À l’initiative de ce saut qualitatif : Fernand Maxime Ahoyo, le préfet maritime. Artisan discret d’un renforcement institutionnel profond, il a souligné avec insistance le rôle nodal que joue la connaissance dans le déploiement stratégique du pays sur ses espaces maritimes. «L’investissement dans le capital humain est une condition non négociable pour assurer la souveraineté fonctionnelle de notre espace maritime», a-t-il déclaré. Plus qu’une ambition, il s’agit d’une ligne directrice qui aspire à préparer les élites à prendre en main la destinée économique et sécuritaire des zones maritimes, sans dépendance ni approximation.

Le ministère de la Justice, par la voix de Gilbert Ulrich Togbonon, a lui aussi salué la portée juridique de cette montée en compétences. «En tant que cadres de l’administration, vous êtes désormais mieux outillés pour interpréter et appliquer les normes juridiques internationales et régionales», a-t-il indiqué, insistant sur la nécessité d’arrimer la pratique nationale aux standards mondiaux pour faire front contre la piraterie, les trafics illicites, la pêche illégale et les pollutions.

La cérémonie a également été marquée par les discours des partenaires internationaux qui soutiennent cette démarche stratégique. Sandrine Plateau, ambassadrice du Royaume de Belgique, a souligné l’importance de la formation continue dans la construction d’une gouvernance maritime efficace. «La Belgique s’engage activement aux côtés du Bénin et des pays du Golfe de Guinée pour renforcer la capacité des États à sécuriser leurs espaces maritimes. Cette formation est un pilier essentiel d'une coopération solide, tournée vers l'avenir et la durabilité», a-t-elle précisé.

De son côté, Stéphane Mund, ambassadeur de l'Union européenne a salué la coopération étroite entre l'UE et le Bénin, soulignant que cette formation ne représente qu'un aspect de l'engagement de l'Union pour soutenir les capacités institutionnelles et humaines du pays. «L’UE s’est toujours positionnée comme un partenaire stratégique du Bénin pour la sécurité maritime. Ce programme n’est qu’un exemple parmi tant d'autres de l’ambition partagée que nous avons pour une région maritime stable et prospère», a-t-il déclaré. L’ambassadeur n’a pas manqué d’insister sur la nécessité de renforcer les capacités locales pour répondre aux défis contemporains, notamment la piraterie, le trafic illégal et la gestion des ressources maritimes.

Par ailleurs, la cérémonie a été le théâtre d’un événement plus discret, aux implications majeures. Deux jalons structurants ont été posés : la signature d’une nouvelle convention Sud-Sud entre l’Union européenne et l’Ancaem, confiée à Enabel pour exécution et la remise officielle de l’ordre de transfert des services et équipements entre l’agence belge et son homologue béninoise. Autrement dit, l’Ancaem entre dans une phase de pleine opérationnalité, dotée de moyens et d’autonomie, sur fond de confiance consolidée par les partenaires.

L’autre point culminant de cet évènement reste la distinction reçue par Souhailatou Touré Idrissou. Major de promotion tous pays confondus, son mémoire a été retenu par l’Université de Nantes pour sa pertinence et sa rigueur scientifique. Le préfet maritime lui a adressé une lettre officielle de félicitations. Un signal fort, qui rappelle que l’excellence peut aussi parler béninois, avec autorité. Selon Sandrine Plateau, ambassadrice du Royaume de Belgique, Souhailatou Touré Idrissou, incarne l’avenir de la coopération régionale et des relations internationales sur la mer.

Au-delà du diplôme, c’est une vision qui se déploie. Celle d’un État qui comprend que sa façade maritime n’est pas un simple trait de côte, mais un levier de puissance, d’influence, de croissance. Dans une Afrique de l’Ouest où les ressources halieutiques, les flux commerciaux et les défis sécuritaires se densifient, le Bénin choisit la voie de la compétence, du long terme et du dialogue stratégique avec Enabel comme allié déterminé. Et dans cette montée en gamme, la mer cesse d’être un espace subi : elle devient un territoire conquis.

Fortuné Dotin

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