Par Claudia Kenou
Alors que Cotonou se dit favorable à la normalisation illico presto des relations économiques et diplomatiques, la fumée blanche peine à s’éclore du côté de Niamey. Car le Niger, contrairement au Bénin, semble prendre tout son temps.
Mi-figue mi-raisin ! C’est l’état actuel des relations diplomatiques et économiques entre le Bénin et le Niger. Autrefois très cordiales, il a fallu le coup de force qui a connu l’éviction de l’ancien Président nigérien Mohamed Bazoum le 26 juillet 2023, pour que tout se dégrade entre le voisin du Nord et le Bénin. Alors que les autorités actuelles nigériennes dirigées de main de maître par le Général Abdourahamane Tiani n’ont jamais digéré les sanctions imposées par Patrice Talon sur instruction de la Cedeao et de l’Uemoa à savoir la fermeture des frontières ou encore l’arrêt des échanges commerciaux et tous leurs corollaires, même le mea-culpa du Bénin après la levée de ces sanctions n’a pu corriger les dissensions. Car le Niger en retour, a prolongé ce brouhaha par l’avènement, de son côté, d’accusations graves de déstabilisation depuis le Bénin.
Si les choses sont restées en l’état malgré les appels de pied du Bénin, il a fallu l’intervention de Nicéphore Soglo et Boni Yayi pour que les voisins retrouvent le chemin du dialogue. En foulant le sol nigérien le 24 juin 2024, ces deux prédécesseurs de Patrice Talon ont réussi à convaincre le nouvel homme fort du Niger, de la sincérité de leur successeur à pacifier les choses pour une normalisation certaine des relations entre les deux nations. C’était sans savoir certainement que les négociations allaient être aussi itinérantes. Et pour cause, depuis cette épopée, les choses ne font que bouger petitement.
À l’instar de la visite d’une délégation nigérienne pour prendre langue avec le Chef de l’État béninois, de la prise de fonction de l’Ambassadeur béninois au Niger, toujours pas d’actes annonçant finalement la réouverture des frontières nigériennes et la reprise des affaires entre les deux pays. Les dernières nouvelles pour réchauffer un tant soit peu l’actualité de ce côté demeure le tête-à-tête entre les ambassadeurs des deux pays à Beijing, lors du sommet sino-afrique le vendredi 6 septembre 2024. Là encore, ça traîne. Puisque les deux parties ont annoncé la poursuite des négociations pour la prochaine Assemblée générale des Nations Unies à New York.
À l’aune de toute cette constatation, tout porte à croire que le Niger qui dit vouloir se rassurer de l’absence totale de menaces depuis le Bénin n’est pas si pressé. S’il est évident qu’aucune annonce ne viendra à l'issue de cette rencontre onusienne, nul ne sait par ricochet le calendrier exact du Niger en la matière. Pendant ce temps, les deux peuples brûlent d’impatience. Les autorités béninoises encore plus. Mais jusqu’à quand ?