Par Claudia Kenou
Du 16 au 19 décembre 2024, l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) a organisé un atelier à Cotonou pour valider les résultats des audits des marchés publics pour les années 2018 et 2019. Ce processus, soutenu par la Banque mondiale, représente une étape clé dans l’amélioration de la transparence et de la gouvernance économique au Bénin.
L’atelier, qui a réuni les acteurs principaux de la commande publique et les experts des cabinets auditeurs, a pour objectif d’évaluer la gestion des marchés publics et d’identifier les forces et faiblesses du système de passation et d’exécution. Séraphin Agbahoungbata, président de l’Armp, a souligné que ces audits sont cruciaux pour garantir une gestion efficace, équitable et transparente des ressources publiques, essentielles pour le développement économique du pays.
Les cabinets Belmag Sarl et Everest Expertises Associées Sarl (Eeas) ont conduit les audits, qui ont couvert divers aspects : la revue du cadre juridique, l’évaluation de l’intégrité et de la transparence du système, la vérification des dossiers, ainsi que la compétence des acteurs impliqués. Ces audits visent non seulement à combler les lacunes existantes, mais aussi à améliorer continuellement la gestion des marchés publics pour l’aligner sur les normes internationales. Ludovic Guèdjè, secrétaire permanent de l’Armp, a expliqué que les audits avaient repris en 2020 grâce à l’appui de la Banque mondiale, après une interruption entre 2017 et 2020. L’objectif est de combler ce vide et de mesurer l’impact des réformes introduites par la loi de 2017.
Le rapport des audits a mis en lumière plusieurs irrégularités, notamment des faiblesses dans l’archivage des documents, ce qui complique les vérifications. Toutefois, des points positifs ont également été notés, comme une conformité relative dans le processus de passation des marchés. Elvira Agbassagan, directrice générale du cabinet Belmag Sarl, a insisté sur l’importance de résoudre ces problèmes d’archivage pour améliorer la transparence. Emmanuel Imorou, responsable des marchés publics au ministère des Enseignements maternel et primaire, a salué l’initiative, soulignant qu’elle permettrait de corriger les lacunes identifiées et d’assurer une meilleure conformité avec la réglementation.
Séraphin Agbahoungbata a conclu l’atelier en soulignant que ces audits ne visaient pas à punir, mais à améliorer la performance du système. Le rapport final, adopté à l’unanimité, servira de guide pour moderniser la gestion des marchés publics et renforcer la gouvernance économique au Bénin. Les résultats des audits 2018-2019 serviront de base pour des réformes en 2025, y compris la relecture de la loi de 2020. Bien que des défis demeurent, les progrès réalisés montrent la volonté du Bénin de devenir un modèle de gouvernance économique.