Par Claudia Kenou
Le jeudi 5 décembre 2024, l'Assemblée nationale a adopté, à une large majorité, la Loi de finances pour l'exercice 2025. Avec 81 voix pour, 28 contre et aucune abstention, ce vote a mis en lumière les clivages persistants entre la mouvance présidentielle et l'opposition.
Pour les députés du parti Les Démocrates, ce budget ne répond pas aux besoins essentiels de la population. Le député Sabi Karim Alassane a décrété l'absence de mesures significatives pour améliorer les conditions des aspirants au métier d'enseignant (Ame) et des patients nécessitant des soins spécialisés comme la dialyse. « Ce budget ne répond pas aux aspirations du peuple. La souffrance est trop grande. Les promesses faites, notamment le renversement des Ame ou la prise en charge des dialysés, restent incomplètes. Nous exigeons que tout le monde soit pris en compte, quitte à augmenter les moyens nécessaires de 30 milliards de francs CFA », a-t-il déclaré. Dans la même veine, son collègue Kamel Wassangari a pointé du doigt une gestion budgétaire irréaliste, axé sur un endettement excessif : « Notre réelle capacité de mobilisation tourne autour de 1.200 milliards de francs CFA. Pourtant, le budget est fixé à 3.500 milliards de francs CFA. C'est une fuite en avant ».
Un soutien affirmé du côté de la majorité
À l'inverse, les députés de la mouvance présidentielle ont salué les efforts du gouvernement pour maintenir le pays sur une trajectoire de développement. Selon eux, ce budget reflète des réformes ambitieuses et une vision stratégique. Maixent Djeïgo, député de l'Union progressiste le Renouveau, a exprimé son soutien sans réserve : « C'est avec honneur que j'ai participé à l'adoption de ce budget. Il donne au gouvernement les moyens d'exécuter son programme. J'attends une mise en œuvre rigoureuse qui permettra d'atteindre les objectifs fixés ». Pour Malick Gomina, député du Bloc républicain, ce budget est une preuve des progrès constants réalisés par le pays : « Lorsqu'une nation fait confiance à ses citoyens compétents, les résultats suivent. Ce budget traduit notre marche vers le progrès ».
Avec cette adoption, la balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui devra mettre en œuvre les dispositions prévues dans ce budget. Les attentes restent élevées, tant du côté des citoyens que des élus, pour voir les promesses de développement se traduire en actions concrètes. Cette adoption confirme les orientations stratégiques du président Patrice Talon, tout en mettant en évidence les critiques et les attentes d'un parti de l'opposition sur les questions sociales et économiques.