Les libertés numériques sont particulièrement ou gravement en difficulté dans 18 pays sur 26 en Afrique francophone. Au Bénin, elles sont partielles selon le rapport, sur la question qui concerne les pays francophones d’Afrique, publié par l’Agence française de développement.
Fortunes diverses pour les libertés numériques en Afrique francophone. C’est ce que révèle le ‘’Rapport 2023 sur les libertés numériques dans les pays d’Afrique francophone’’, qui met en exergue 26 pays. Ceci, sur la base de plusieurs indicateurs répartis sur trois grandes catégories à savoir :
- les obstacles et les limitations infrastructurelles de l’accès à Internet ;
- les obstacles juridiques ;
- la limitation de la diversité de fournisseurs de services ;
- le coût de l’Internet ;
- les politiques de développement des compétences numériques ;
- les limites au contenu par des blocages ou filtrages ;
- état de l’application des lois relatives à la liberté d’expression et à la liberté de presse par la justice ;
- les violations des droits des utilisateurs avec intimidations extra-légales pour des activités en ligne ;
- le degré d’organisation de la société civile en faveur des droits et des libertés numériques.
Ainsi, d’après le rapport, les 26 pays étudiés sont notés pour chaque indice, puis classés sur une échelle allant de 0 à 100 points et répartis sur quatre catégories : A (scores allant de 81 à 100 points/les libertés numériques sont respectées et le pays est considéré comme libre), B (scores de 56 à 80 points/les libertés numériques sont partiellement respectées et le pays est considéré comme partiellement libre), C (scores de 31 à 55 points/les libertés numériques sont particulièrement en difficulté et le pays est considéré comme partiellement non-libre) et D ( scores de 0 à 30 points/les libertés numériques sont gravement en difficulté et le pays est considéré comme non-libre).
Des pesanteurs
Englobant l’ensemble des libertés individuelles et collectives associées au numérique dont le droit de maîtriser les logiciels présents sur ses appareils électroniques, le droit à la vie privée et à la protection de ses données personnelles , la liberté d’information et de communication sans être surveillé ou censuré , le rapport indique des causes de ce déclin dans les pays concernés. Il s’agit pour les auteurs, de l’autoritarisme numérique en plein essor en Afrique francophone, où plusieurs gouvernements ont promulgué des lois définies de manière vague permettant ainsi des arrestations aléatoires, alors que d’autres ont mis en œuvre des pratiques répressives restreignant la liberté d’expression et l’accès à l’information comme les coupures d’Internet organisées par les gouvernements, la censure de sites d’information et des réseaux sociaux ou encore l’arrestation des citoyens pour des publications critiques en ligne.
Les libertés menacées dans plusieurs pays
D’après ce Rapport, les libertés numériques sont particulièrement ou gravement en difficulté dans 18 pays d’Afrique francophone. Onze pays figurent dans la catégorie regroupant les Etats où les libertés numériques sont particulièrement en difficulté : l’Algérie, le Burkina Faso, le Gabon, la Guinée, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Niger, la République démocratique du Congo, la République du Congo et le Togo. Au même moment, ces libertés sont gravement en difficulté, selon ce Rapport, dans sept pays à savoir: le Burundi, le Cameroun, Djibouti, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, le Rwanda et le Tchad. Au Bénin, elles sont partiellement menacées.