Par Claudia Kenou
L’agence de notation Moody's a confirmé, le vendredi 30 août 2024, la note souveraine du Bénin à B1, tout en signalant des risques de dégradation potentielle. L'agence a reconnu les réformes entreprises par le gouvernement et la croissance économique du pays, mais a également souligné la fragilité de la situation actuelle, insistant sur la nécessité de poursuivre les efforts.
Moody's a attribué la note B1 du Bénin à une prévision de croissance économique soutenue, estimant que le Pib réel devrait croître entre 6% et 7% au cours des cinq prochaines années. Cette performance est largement imputable aux investissements stratégiques dans les infrastructures et aux réformes soutenues par le Fonds monétaire international (Fmi). De plus, l'inflation, qui avait atteint des niveaux élevés au début de 2023, a significativement baissé, s'établissant à 0,9% en moyenne pour les sept premiers mois de 2024, un chiffre bien en dessous de l'objectif de 3% fixé par l'Uemoa.
Fragilités et défis à surmonter
Malgré ces résultats positifs, Moody's a mis en garde contre la faiblesse persistante de la gouvernance et des institutions au Bénin, qui demeure un frein majeur à son développement. Cette fragilité, associée à une base fiscale étroite, expose le pays à des chocs externes et pourrait compromettre ses perspectives de développement à long terme. L'agence a averti que la note de crédit du Bénin pourrait être dégradée si les indicateurs fiscaux se détérioraient nettement par rapport aux attentes. Cela pourrait se produire si les besoins d'emprunt augmentaient ou si les efforts de réforme venaient à faiblir.
Le pays fait également face à des défis externes, tels que la fermeture des frontières avec le Niger, qui constitue un client clé du Port de Cotonou, vital pour l’économie béninoise. Les menaces terroristes ont perturbé les échanges avec le Burkina Faso, tandis que la volatilité de la devise nigériane impacte les relations commerciales avec ce voisin. Moody's a précisé que la force budgétaire du Bénin devrait rester faible dans un avenir prévisible, en raison d'une base fiscale étroite et d'indicateurs fiscaux relativement faibles. Pour qu'une amélioration soit envisagée, il serait nécessaire de réduire de manière significative le fardeau de la dette et d'améliorer le cadre institutionnel et de gouvernance.
En résumé, la note souveraine du Bénin se trouve à un tournant. Pour maintenir une trajectoire positive, le pays devra relever les défis liés à la gouvernance, renforcer sa résilience face aux chocs externes et continuer à mettre en œuvre des réformes. La vigilance et les efforts continus seront essentiels pour assurer la stabilité économique et la confiance des investisseurs à long terme.