Par Claudia Kenou
Le Bénin a enregistré une performance budgétaire globalement satisfaisante au premier trimestre 2025, selon le Rapport d’exécution du budget de l’État (RAPEX) publié par le ministère de l’Économie et des Finances. À fin mars, les recettes budgétaires mobilisées s’élèvent à 559,2 milliards de FCFA, représentant 23,6% des prévisions annuelles (2.367,4 milliards).
Par rapport à la même période en 2024, les recettes enregistrent une hausse de 12,6%, portée par les réformes fiscales engagées. Parmi celles-ci, figurent la taxation du commerce électronique, la digitalisation des services publics, l’interconnexion des bases de données fiscales et l’usage généralisé de la facture normalisée. Les régies financières (DGI, Douanes, Trésor) ont contribué à 98% des recettes. La Direction Générale des Impôts (DGI) a collecté 296,3 milliards de francs Cfa, en hausse de 14,1%, portée par la TVA et l’impôt sur les salaires. La Douane a pour sa part mobilisé 207,6 milliards, soit une croissance de 19,5%. En revanche, la Direction du Trésor a connu une baisse de 7% avec 32,29 milliards de francs Cfa mobilisés contre 34,74 milliards en 2024. L’Agence Nationale du Domaine et du Foncier (ANDF) a également contribué à hauteur de 758,6 millions de francs Cfa, en progression de 12,4% grâce à la dématérialisation de ses services. Les appuis budgétaires et fonds de concours se chiffrent à 8,67 milliards de francs Cfa, soit 10,4% des prévisions annuelles.
717,5 milliards de dépenses engagées
Cette dynamique de recettes a permis de maintenir un rythme soutenu de dépenses. Au 31 mars 2025, les engagements budgétaires atteignent 717,5 milliards de francs Cfa (25,8% des prévisions annuelles) et les dépenses ordonnancées s’élèvent à 660 milliards de francs Cfa (23,8%). Les dépenses sociales prioritaires - santé, éducation, appui aux ménages - atteignent 33,33 milliards soit 130,7% de la cible fixée à fin mars. Les dépenses d’investissement s’établissent à 225,8 milliards de francs Cfa (22,3% des prévisions), orientées vers les projets prioritaires du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG), notamment dans les domaines sociaux et les infrastructures. Des efforts sont également observés sur les politiques transversales: Dépenses sensibles au genre: 69 milliards de francs Cfa - dépenses liées au climat: 175,3 milliards - entretien des infrastructures: 26,8 milliards. Les charges de trésorerie atteignent 260,9 milliards de francs Cfa, soit 33,8% du prévisionnel. Les ressources de financement mobilisées s’élèvent à 456,7 milliards équivalant à 49,4% des prévisions.
Un déficit budgétaire sous contrôle
Malgré cette mobilisation, le déficit budgétaire s’est creusé à 100,8 milliards de francs Cfa (en base ordonnancement) contre 49,7 milliards un an plus tôt. Le gouvernement assure toutefois que cette situation reste maîtrisée dans le cadre de sa politique de consolidation budgétaire visant à respecter les normes communautaires à l’horizon 2025. «La trajectoire budgétaire reste cohérente et anticipe un retour à l’équilibre normatif d’ici la fin de l’année», a déclaré Rodrigue Chaou, directeur général du Budget. Le défi à venir: maintenir le rythme des réformes tout en maîtrisant le déficit et en renforçant l’impact des investissements sur le quotidien des citoyens.