Par Claudia Kenou
Le Bénin prévoit de maintenir un déficit budgétaire sous contrôle entre 2026 et 2028, malgré une hausse des dépenses publiques liée aux investissements structurants. Selon le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2026-2028, publié en mai 2025 par le ministère de l’Économie et des Finances, le déficit budgétaire passerait de 2,9% du PIB en 2025 à 2,6% en 2028.
En valeur absolue, le déficit global augmenterait de 419,9 milliards à 482,2 milliards de francs Cfa, mais rapporté à la richesse nationale, il resterait en baisse constante: 2,7% du PIB en 2026 puis 2,6% en 2028. Cette performance repose sur une stratégie budgétaire axée sur la maîtrise des charges et une forte progression des recettes intérieures. Les ressources issues des opérations budgétaires devraient croître de 12,8% en 2026, atteignant 2.669,5 milliards de francs Cfa pour ensuite passer à 3.351,6 milliards de francs Cfa en 2028, avec une progression annuelle moyenne de 12,3%. Les dépenses, quant à elles, devraient passer à 3.833,8 milliards de francs Cfa en 2028, avec une croissance moyenne annuelle de 11,3%. Les dépenses en capital (investissements publics) continueront de croître de 1.219,7 milliards en 2026 à 1.555,9 milliards de francs Cfa en 2028, notamment en raison des chantiers d’infrastructure en cours.
Des réformes fructueuses
La hausse des recettes est le fruit de réformes dans les régies financières. En 2024, les recettes fiscales ont atteint 1.895,6 milliards de francs Cfa, soit 14,6% du PIB, en hausse de 26,5% par rapport à 2021. La Direction Générale des Impôts (DGI) a collecté à elle seule 1.140,7 milliards de francs Cfa, enregistrant une croissance de 28% par rapport à 2022. Plusieurs mesures expliquent cette progression. Il s’agit du paiement obligatoire de la TVM avant la visite technique ou l’assurance automobile; l’intégration de plateformes numériques étrangères comme Facebook et Google dans le circuit fiscal; le déploiement des téléprocédures dans les centres d’impôts pour petites entreprises; l’instauration d’un prélèvement de 5% sur les transactions via e-Mecef et la rationalisation des exonérations fiscales sur les salaires. La Douane et le Trésor Public ont également amélioré leurs performances. En 2024, les recettes douanières se sont élevées à 581,6 milliards de francs Cfa, en hausse de 35,3% par rapport à 2022, grâce à la généralisation de la valeur transactionnelle, la digitalisation et des contrôles renforcés. Les recettes non fiscales ont atteint 173,9 milliards de francs Cfa, grâce à une meilleure traçabilité des recettes hors budget et à la modernisation de leur collecte.
Objectifs budgétaires et priorités nationales
Entre 2026 et 2028, la politique budgétaire du Bénin visera une mobilisation renforcée des recettes internes; un ciblage rigoureux des dépenses publiques et la rationalisation des dépenses de fonctionnement pour préserver les marges d’investissement. Des ressources spécifiques seront allouées à l’organisation des élections générales de 2026, à la sécurité, à la transition institutionnelle du prochain quinquennat ainsi qu’à l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) et à la mise en œuvre de la Vision Bénin.