Par Claudia Kenou
En marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, tenues du 21 au 26 octobre 2024 à Washington DC, le Bénin a signé des accords financiers d'un montant total de 74,5 milliards de francs CFA (plus de 123 millions de dollars). Ces financements, octroyés par l'OPEP pour le Développement International (OFID), la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) et le Fonds Koweïtien pour le Développement Économique Arabe (FKDEA), visent à soutenir des secteurs clés tels que l'agriculture, l'éducation technique et l'accès à l'eau potable. Lors d'une conférence de presse tenue le vendredi 8 novembre à Cotonou, Zul Kifl Salami, chargé de mission du chef de l'État, a détaillé l'importance et l'impact de ces accords.
« Ces financements, essentiellement concessionnels, avec des maturités pouvant aller jusqu'à 30 ans et des taux d'intérêt autour de 1,75% à 2%, sont parfaitement adaptés aux besoins d'un pays en développement ». C’est ce que pense Zul Kifl Salami, chargé de mission du chef de l'État. Face aux professionnels des médias le vendredi 8 novembre 2024, il est revenu sur les projets qui seront financés par ses accords financiers. Il s’agit du développement du maraîchage ( L'OFID a octroyé 15,6 milliards de francs CFA (26 millions USD) pour étendre le Projet d'Appui au Développement du Maraîchage (PADMAR) à 27 nouvelles communes. Ce projet vise à améliorer la sécurité alimentaire et à augmenter les revenus des maraîchers) ; le renforcement de l'éducation technique ( La BOAD a accordé 30 milliards de francs CFA (49,5 millions USD) pour la réhabilitation et la construction de trois lycées techniques à Bohicon, Natitingou et Lokossa) et l’accès à l’eau potable (Un financement combiné de la BOAD et du FKDEA, totalisant 28,9 milliards de francs CFA, sera utilisé pour installer des systèmes modernes d'approvisionnement en eau dans les villes de Bassila, Allada, Lokossa et Athiémé).
Une reconnaissance internationale et des perspectives pour l'Afrique subsaharienne
Zul Kifl Salami a également salué le contexte historique des Assemblées, marqué par la célébration du 80e anniversaire de la Conférence de Bretton Woods et l'adhésion du Liechtenstein comme 191e membre du FMI. Une décision majeure a été prise : l'attribution d'un siège additionnel à l'Afrique subsaharienne au sein du Conseil d'administration du FMI. Selon lui, cette avancée renforce la voix de la région sur la scène internationale : « L'Afrique subsaharienne pourra mieux défendre ses intérêts et contribuer aux décisions stratégiques grâce à son poids économique et ses ressources naturelles. ». Enfin, il a souligné l'importance de l'agilité dans l'exécution des projets financés : « Obtenir des financements, c'est bien, mais il faut s'assurer que les ressources humaines soient à la hauteur pour conduire ces projets avec célérité. L'impact attendu en termes de réduction de la pauvreté et de prospérité partagée doit être atteint rapidement ».