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Marchés boursiers africains : La BAD trace les contours d’une nouvelle architecture financière

Au siège du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), à Abidjan, les échanges ont pris une tournure décisive. Pour la première fois, les marchés boursiers du continent ont été conviés à deux jours de discussions de haut niveau avec les institutions africaines de financement du développement et plusieurs partenaires financiers du secteur privé. Une initiative que le président du Groupe, Ould Tah, qualifie de « vitale pour le destin du continent ».

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Marchés boursiers africains : La BAD trace les contours d’une nouvelle architecture financière

Au siège du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), à Abidjan, les échanges ont pris une tournure décisive. Pour la première fois, les marchés boursiers du continent ont été conviés à deux jours de discussions de haut niveau avec les institutions africaines de financement du développement et plusieurs partenaires financiers du secteur privé. Une initiative que le président du Groupe, Ould Tah, qualifie de « vitale pour le destin du continent ».

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Par Brunelle TCHOBO

Dès l’ouverture de la première session, le ton a été donné. « En tant qu’architectes des marchés de capitaux africains, vous êtes les gardiens des institutions financières et les catalyseurs de l’avenir de notre continent », a lancé Ould Tah aux responsables des bourses de valeurs, fonds de capital-investissement et fonds de capital-risque présents. Pour lui, les marchés de capitaux sont le socle indispensable d’une croissance durable, capable de fournir aux États et aux entreprises des financements à long terme, diversifiés et prévisibles.

Une réforme profonde et urgente

La BRVM, la Bourse de Casablanca, celles de Nairobi, Kigali, Tunis, Cabo Verde, Mozambique, le Ghana ou encore l’Afrique centrale, toutes ont fait le déplacement. Félix Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la BRVM, souligne l’ampleur des transformations à engager. « Des écarts existent entre les besoins de financement et les ressources disponibles, mais nous devons réfléchir aux réformes nécessaires pour parvenir à la capitalisation des fonds de pension africains », a-t-il indiqué. Un rappel important, tant ces fonds ont longtemps été structurés pour financer essentiellement les États.

Les discussions ont également porté sur les obstacles persistants. Sonia Ben Frej, présidente du conseil d’administration de la Bourse de Tunis, pointe « la nécessité de mettre à jour des réglementations obsolètes » et de renforcer la convergence réglementaire. Donald Waweru Wangunyu, de la Bourse de Nairobi, insiste, lui, sur l’urgence d’une meilleure coordination régionale. « Nous avons de bons projets, mais les obstacles demeurent », a-t-il déclaré.

PME, capital-risque et éducation financière au cœur des priorités

L’un des enjeux majeurs de ces consultations concerne l’accès aux financements pour les PME et les entreprises de taille intermédiaire. Bien qu’elles représentent près de 90 % des entreprises et plus de 60 % des emplois en Afrique, elles restent largement exclues du capital-risque. La BAD souhaite donc renforcer les fonds existants, élargir leur capacité et créer des mécanismes adaptés aux champions industriels émergents

La numérisation des marchés, l’adoption d’outils fintech, la promotion de la finance durable et la sensibilisation financière des jeunes ont également occupé une place centrale dans les échanges. Autant de leviers jugés essentiels pour moderniser les marchés de capitaux africains et attirer davantage de capitaux, y compris institutionnels.

Trois piliers pour une nouvelle architecture financière

La Banque africaine de développement entend bâtir une stratégie consolidée autour de trois axes. Renforcer les autorités de régulation et les bourses, grâce à l’assistance technique, aux projets d’appui institutionnel et aux opérations liées aux politiques ; diversifier la mobilisation de l’épargne, en favorisant la liquidité des produits, l’approfondissement des marchés et l’intégration des investisseurs institutionnels ; miser sur la recherche, la formation et le dialogue politique pour élever les compétences des acteurs du marché des capitaux.

Pour la BAD, cette démarche s’inscrit dans la vision des « Quatre points cardinaux » défendue par Ould Tah depuis son arrivée à la tête de l’institution en septembre. Elle vise à offrir au continent des financements à long terme, abordables et moins dépendants de l’aide publique au développement. « Nous allons le bâtir ensemble ; cela nécessite un effort collectif », martèle le président du Groupe. Les discussions se sont poursuivies le mercredi pour finaliser les premiers jalons de cette future architecture financière africaine.

Le Groupe de la BAD est la première institution de financement du développement en Afrique. Il réunit la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds spécial du Nigeria (FSN). Présent dans 41 pays africains, avec un bureau extérieur au Japon, il œuvre au progrès économique et social des 54 États membres régionaux du continent.

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