Par Claudia Kenou
Le thème de cette troisième édition des SDP Talks, tenue le vendredi 13 septembre 2024 à Cotonou, était : « Normes et conformités, rôles des acteurs, prévention des malfaçons et solutions contre les effondrements ».
Organisée par la Société de Développement de Projets (SDP), un cabinet spécialisé dans la gestion de projets d’infrastructures, cette initiative vise à offrir aux professionnels du secteur des infrastructures un espace de réflexion approfondie, avec l’objectif d’identifier des solutions innovantes pour renforcer et sécuriser le domaine des constructions en Afrique. C’est ce qu’a illustré Ahouéfa Madiana Pognon, secrétaire générale de SDP à travers ses propos : « Nous aspirons à apporter une contribution significative à un secteur vaste et complexe. Notre ambition est de réduire le taux d’échec des projets en Afrique en veillant à une amélioration continue du cadre d’intervention. »
Pour cette édition, la SDP a réuni des experts de premier plan, dont Victor Kouassi Ananouh, directeur de l'habitat et de la construction au sein du ministère du cadre de vie et des transports, Victor Gbaguidi, président de l’Ordre National des Ingénieurs Civils du Bénin, et Aimé Gonçalves, président de l’Ordre National des Architectes et Urbanistes du Bénin. Ces experts ont partagé leurs connaissances sur les causes des effondrements de constructions et les mesures préventives à adopter pour enrayer ce phénomène tragique, qui ne se limite pas aux pertes matérielles mais implique également des vies humaines.
Ahouéfa Madiana Pognon a souligné l’importance d’un environnement sécurisé pour tous, rappelant les nombreux cas d'effondrement survenus récemment dans la sous-région. De son côté, le directeur de l'habitat et de la construction, Victor Kouassi Ananouh, a évoqué plusieurs facteurs à l’origine de ces effondrements : études de sol insuffisantes, mise en œuvre défectueuse des ouvrages, ou encore transformation non conforme de la destination initiale des bâtiments. Il a également mis en lumière un phénomène préoccupant dans plusieurs pays africains : l’autoconstruction. « Beaucoup de personnes préfèrent s’abstenir de solliciter des professionnels pour la réalisation de leurs projets de construction, ce qui conduit à l’utilisation de matériaux inappropriés, augmentant ainsi les risques d’effondrement. Pire encore, certains obtiennent un permis de construire, mais réalisent ensuite des ouvrages qui ne correspondent pas aux plans autorisés, sans recourir à des professionnels qualifiés », a-t-il déploré.
Face à cette situation, le gouvernement béninois a adopté plusieurs mesures visant à encadrer le secteur. Parmi elles figurent la législation sur le permis de construire et la loi relative à l’urbanisme. Plus récemment, un décret a été pris en conseil des ministres pour soumettre à l’Assemblée nationale une loi cadre sur la construction et l’habitation. Ce texte, une fois adopté, permettra de réguler la construction au Bénin, notamment en matière de sécurité, durabilité, et promotion immobilière, afin d’assurer que les constructions se conforment aux normes en vigueur.
Par Brunelle Tchobo