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Maître Alexandrine Saizonou-Bedié, Avocate au Barreau du Bénin

Deuxième numéro de notre série d’interviews consacrée à des femmes sexagénaires, dirigeantes, béninoises et accomplies. Ces interviews ont été réalisées dans le cadre de la publication du numéro d'août du magazine CADRECO.

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Par Claudia Kenou

CADRECO | Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir la profession d’avocate et comment vous avez débuté votre carrière ?

Me Alexandrine Saizonou Bedié : La soif de justice. Il m’était insupportable de voir brimer une personne. Je ne peux me réjouir du malheur des autres. Je prenais systématiquement la défense des opprimés de telle sorte qu’une des compagnes de mon père m’appelait lawyer alors qu’en ce moment, j’aspirais à être journaliste. C’est vous dire que défendre était inné en moi. J’ai débuté ma carrière avec beaucoup de volonté, une conscience de bien faire mon travail et de réussir ma carrière au même titre et plus que mes confrères, majoritairement des hommes.

Quels aspects de votre travail trouvez-vous les plus gratifiants et pourquoi ?

Me Alexandrine Saizonou Bedié : Le premier aspect, c’est la réception du client qui est venu à vous désespéré, mais qui sort de votre cabinet avec le sourire et l’espérance. Le moment où seul, vous êtes face aux pièces que le client vous a amenées et sur la base desquelles vous faites des recherches pour lui faire gagner son procès. L’investissement intellectuel; la volonté de réussir; la défense devant les juridictions où vous mettez vos éléments de recherche au profit de votre client pour convaincre le ou les juges; enfin, la satisfaction que vous lisez sur le visage de votre client et aussi celle de l’avocat satisfaite d’avoir bien accompli sa mission. Même en cas d’échec, je suis satisfaite d’avoir joué ma partition. L’avocat n’est pas tenu d’une obligation de résultat mais de moyens.

Quels sont les plus grands défis que vous avez rencontrés en tant que femme avocate au Barreau du Bénin ?

Me Alexandrine Saizonou Bedié : Le premier défi, c’est de pouvoir s’affirmer en tant qu’avocate, sans aucun complexe vis-à-vis des confrères hommes et sans verser dans des compromis et compromissions avec quelque acteur de la justice; m’imposer par ma rigueur au travail et réussir ma vie professionnelle, celle d’épouse et de mère, ne pas sacrifier l’un pour l’autre; assurer ma vie professionnelle tout en restant un confrère estimable, une mère et épouse attentionnée et à l’écoute des siens. Je pense avoir réussi à relever tous ces défis.

Un cas marquant de votre carrière qui vous a particulièrement touchée ?

Me Alexandrine Saizonou Bedié : Plusieurs affaires je dirai mais j’en citerai que deux. La première affaire porte sur le viol d’une fillette de 4 ans par un militaire de 35 ans et dont l’appareil génital a été reconstitué à la suite d’une opération. Je revois cette fille que je suis allée voir sur son lit d’hôpital en couche à cause d’une incontinence urinaire après l’opération. Le violeur n’a pris que 10 ans. La deuxième affaire concerne un monsieur qui a battu sa femme à mort parce qu’elle s’est refusée à lui. Il a été éduqué ainsi, il ne concevait pas pourquoi sa femme qui est sa chose peut se refuser à lui. Commise d’office, je devais le défendre, moi qui suis très attachée au respect de la femme. Il a pris 8 ans d’emprisonnement. Ce jour-là, j’ai été convaincue de l’adage qui dit que « Mon peuple périt faute de connaissance ».

Comment voyez-vous l’évolution du rôle des femmes dans le secteur juridique et au Barreau du Bénin ?

Me Alexandrine Saizonou Bedié : Je trouve que les femmes commencent à être de plus en plus nombreuses dans le secteur de la justice. Nous avons plus de femmes dans la magistrature, dans le notariat et au Barreau, nous avons 38 femmes avocates sur un total d’environ 242 avocats y compris les stagiaires.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes qui aspirent à devenir avocates ?

Me Alexandrine Saizonou Bedié : Je ne peux que les encourager et leur dire que, n’est pas avocat qui veut mais qui peut vraiment. On vient à l’avocature par conviction et avec une grande volonté de bien faire et de réussir. Le métier d’avocat ne vous apporte que ce que vous lui aviez donné.

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