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Entretien avec Létondji Beheton, Directeur Général de la Société d’Investissement et de Promotion de l’Industrie (SIPI-Bénin S.A.)

«La GDIZ a démontré ses capacités en matière de production textile de haute qualité...» Létondji Beheton, Directeur Général de la Société d’Investissement et de Promotion de l’Industrie (SIPI-Bénin S.A.)

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Entretien avec Létondji Beheton, Directeur Général de la Société d’Investissement et de Promotion de l’Industrie (SIPI-Bénin S.A.)

«La GDIZ a démontré ses capacités en matière de production textile de haute qualité...» Létondji Beheton, Directeur Général de la Société d’Investissement et de Promotion de l’Industrie (SIPI-Bénin S.A.)

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Par Claudia Kenou

«La GDIZ a démontré ses capacités en matière de production textile de haute qualité...»

Létondji Beheton, Directeur Général de la Société d’Investissement et de Promotion de l’Industrie (SIPI-Bénin S.A.)

Le Bénin se positionne comme l’un des futurs grands pôles industriels de l’Afrique de l’Ouest grâce à l’ambitieux projet de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Développée par la Société d’Investissement et de Promotion de l’Industrie (SIPI-Bénin), cette zone industrielle est un véritable moteur de transformation économique, visant à créer de la valeur ajoutée localement et à propulser le pays dans la chaîne de valeur mondiale.

Sous la direction de Létondji Beheton, la GDIZ incarne la volonté du Bénin de s’affirmer comme un acteur clé dans le secteur textile et au-delà, en intégrant des normes de durabilité et d’innovation. Le dirigeant nous éclaire sur les perspectives d’industrialisation du coton béninois, les avancées réalisées à la GDIZ, ainsi que les enjeux et défis auxquels la zone industrielle doit faire face pour atteindre ses objectifs ambitieux.

CADRECO | Quelle place occupe le coton dans la vision industrielle de la GDIZ, et pourquoi le Bénin a-t-il choisi de faire de la transformation du coton une priorité ?

Létondji Beheton : Le coton est au cœur de la stratégie de développement industriel de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), reflétant la vision du gouvernement béninois de transformer les matières premières localement pour augmenter la valeur ajoutée et créer des emplois. Historiquement, le Bénin a exporté son coton essentiellement à l’état brut, limitant ainsi les gains économiques. Le choix de se concentrer sur la transformation découle de la volonté de changer cette dynamique en transformant le coton localement en produits finis tels que des vêtements, des textiles de maison, et des tissus de haute qualité.

Cette approche permet de capturer une plus grande partie de la chaîne de valeur et d’augmenter les revenus générés par le secteur. La GDIZ a déjà mis en place trois unités intégrées de textile qui traitent actuellement 40.000 tonnes de fibres de coton par an, soit 12,7% de la production nationale annuelle de fibres de coton. L’objectif est de faire du Bénin un acteur clé dans le domaine du textile en Afrique et au-delà, en transformant la majorité de sa production de coton au Bénin. Le coton, à l’état brut, nous rapporte entre 500 et 700 millions de dollars US. Mais grâce à la transformation, aujourd’hui, nous sommes capables, si nous arrivons à tout transformer, de générer une valeur marchande qui peut être entre 12 et 14 milliards de dollars US.

Comment évaluez-vous l’impact de la transformation locale du coton sur l’économie nationale ?

Létondji Beheton : La transformation locale du coton a un impact significatif sur l’économie béninoise. Elle permet non seulement de créer des emplois directs dans les usines de transformation, mais aussi d’engendrer des effets multiplicateurs dans les secteurs connexes, tels que la logistique, le transport, et les services. Actuellement, les trois unités de la GDIZ vont générer environ 15.000 emplois directs, et ce chiffre devrait augmenter à mesure que de nouvelles unités textiles s’installent dans la zone.

Sur le plan macroéconomique, l’augmentation de la transformation locale du coton devrait contribuer à la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) en augmentant la valeur des exportations. En effet, au lieu d’exporter du coton brut, le Bénin peut désormais exporter des produits finis à plus forte valeur ajoutée, ce qui renforce la balance commerciale et favorise le développement industriel.

Quelles infrastructures spécifiques ont été mises en place dans la GDIZ pour soutenir le secteur textile et la transformation du coton ?

Létondji Beheton : La GDIZ a mis en place un ensemble d’infrastructures modernes pour soutenir le développement du secteur textile. La zone est équipée de réseaux électriques de qualité avec des sous-stations permettant une distribution efficace de l’énergie. Un projet de pipeline de 30 kilomètres est également en cours pour relier la zone à la centrale de Maria Gléta, assurant un approvisionnement stable en gaz naturel. De plus, un réseau de fibres optiques de haute qualité permet une connectivité optimale pour les opérations industrielles. La GDIZ prévoit également de développer des sources d’énergie durable, telles qu’une centrale thermique de 225 mégawatts et une centrale solaire de 300 mégawatts, pour soutenir les industries installées.

Quels types d’investissements ou de partenariats internationaux la GDIZ recherche-t-elle pour renforcer le secteur du coton ?

Létondji Beheton : La GDIZ recherche activement des partenaires internationaux pour investir dans des unités supplémentaires de transformation du coton. Actuellement, seulement 12,7% de la production nationale de fibres est transformée localement, laissant un potentiel considérable à exploiter. La création de nouvelles unités de transformation permettrait d’augmenter la capacité de traitement et de générer plus d’emplois. Il nous faut à peu près 28 unités additionnelles de textiles, pour pouvoir transformer les 75% de fibres de coton restantes.

La zone souhaite attirer des investisseurs capables d’apporter des compétences techniques, des technologies modernes et des capitaux pour développer les infrastructures existantes. Les partenariats sont également recherchés pour accéder à de nouveaux marchés et étendre la portée des produits finis fabriqués au Bénin.

Avec le soutien de la FIFA et de l’OMC, le Bénin, en tant que membre du groupe C4, participe à un projet ambitieux pour fournir des maillots 100% africains lors de la Coupe du Monde 2026. Quelles retombées économiques directes et indirectes escomptez-vous pour le Bénin ?

Létondji Beheton : Le partenariat avec la FIFA et l’OMC représente une opportunité unique pour le Bénin de se positionner sur le marché mondial des vêtements de sport, un secteur de plusieurs centaines de milliards de dollars. En produisant des maillots 100% africains pour la Coupe du Monde 2026, le Bénin pourra renforcer sa notoriété internationale en tant que producteur de textiles de qualité.

Les retombées économiques directes incluent la création d’emplois supplémentaires dans les usines de confection, tandis que les retombées indirectes toucheront des secteurs tels que le transport, la logistique le commerce et le tourisme industriel. Ce projet pourrait également encourager d’autres initiatives de transformation locale, en capitalisant sur la visibilité offerte par un événement mondial comme la Coupe du Monde.

Après avoir exporté des vêtements «Made in Benin» pour des marques internationales, quelles sont les capacités actuelles de la GDIZ en matière de production textile de haute qualité, et comment s’assure-t-elle que les produits sont aux standards internationaux ?

Létondji Beheton : La GDIZ a démontré ses capacités en matière de production textile de haute qualité, avec des exportations vers des marques internationales telles que The Children’s Place, Kiabi, et U.S. POLO ASSN. Les usines de la zone ont satisfait aux audits rigoureux imposés par les marques, qui vérifient les normes de qualité, les conditions de travail et les pratiques environnementales.

De plus, la GDIZ s’engage à respecter les meilleures pratiques en matière de développement durable. Les unités de confection utilisent des processus de production écoresponsables et visent à obtenir les certifications internationales pour garantir la conformité des produits aux exigences du marché mondial.

Quelle stratégie la GDIZ met-elle en œuvre pour assurer une production durable et écoresponsable du coton transformé ?

Létondji Beheton : La GDIZ adopte une approche intégrée pour garantir la durabilité de la production textile. Le coton est cultivé de manière durable, avec une irrigation principalement basée sur l’eau de pluie et une récolte manuelle qui limite l’usage intensif de fertilisants et de pesticides. Pour le traitement des eaux, la zone a mis en place un système «Zero Liquid Discharge» (ZLD), qui recycle et réutilise les eaux usées industrielles, évitant ainsi leur rejet dans la nature. Cette pratique réduit l’impact environnemental et place le Bénin parmi les pays les plus avancés en matière de gestion durable des ressources hydriques dans le secteur textile.

Le coton béninois est principalement exporté brut. Avec l’industrialisation, quelles perspectives s’ouvrent pour les marchés internationaux, et comment la GDIZ se positionne-t-elle pour faire du Bénin un acteur incontournable dans la chaîne de valeur mondiale du coton ?

Létondji Beheton : Les perspectives sont bonnes. Nous ne sommes qu’à nos débuts. Aujourd’hui, en moins de 18 mois, nous avons été capables de former des béninois, capables de produire aux standards internationaux, et ça nous a permis de pouvoir satisfaire des commandes venues de la France, des États-Unis, de l’Italie, etc. Nous allons continuer à travailler sur l’amélioration de notre main-d’oeuvre, qualifier beaucoup plus de gens pour travailler dans ces unités de confection de vêtements. Au fur et à mesure que nous livrons nos vêtements sur les marchés américains et européens, cela nous permettra de renforcer la perception que les clients de ces pays auront de nous. Je pense que les années à venir seront de très bonnes années. Nous allons conquérir de nouveaux marchés et augmenter nos capacités de transformation.

Le Bangladesh est un pays qui ne produit pas du coton, qui importe tout son coton, et qui est capable d’avoir une industrie de 52 milliards de dollars par an, notamment en ce qui concerne le textile. Le Bangladesh fournit 60% des prêt-à-porter en Europe, et 30% des prêt-à-porter utilisés aux États-Unis. Et ils ont plus de 3.000 usines qui sont impliquées dans l’industrie textile. Le Bénin est le premier producteur de coton en Afrique. En plus de notre capacité à transformer notre coton, nous pouvons importer du coton pour développer notre industrie textile à une plus grande échelle. C’est-à-dire une échelle qui dépassera celle de l’Inde, du Bangladesh et du Vietnam, par exemple.

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