Une entreprise, qu’elle soit de petite, de moyenne ou de grande taille, se fixe comme but, la création de valeurs dans l’intérêt des clients, des employés, des actionnaires et du pays où elle exerce ses activités. Ces activités créatrices de valeurs suivent une dynamique progressive avec comme vecteur essentiel dans la durée: le temps. Il va sans dire que cette dynamique évolutive expose les activités de l’entreprise à des lots de difficultés, à des contraintes de tous ordres et à des risques de toute nature.
Dans cet article, notre objectif premier est d’éclairer les entrepreneurs, qu’ils soient novices ou expérimentés, sur les risques auxquels leur entreprise s’expose en l’absence d’une solide et adéquate garantie assurantielle. Nous souhaitons leur permettre de mieux appréhender ces risques pour prendre des décisions éclairées. Afin d’illustrer notre propos, nous présentons une série d’exemples concrets, tirés de situations quotidiennes, où des entreprises ont fait face à des risques considérables. Ces faits avérés nous permettent de démontrer les conséquences potentiellement dévastatrices d’une absence de couverture assurantielle. Parallèlement, nous formulons une série de conseils pratiques et de mesures préventives visant à «sanctuariser» l’entreprise, en assurant sa continuité opérationnelle et en protégeant sa production. Ces recommandations sont essentielles pour garantir une gestion saine et sécurisée de l’entreprise. Enfin, nous procédons à une analyse approfondie des solutions disponibles au Bénin pour optimiser le bon fonctionnement des entreprises sans interruption. Cette évaluation de l’état actuel des garanties assurantielles dans le pays permettra aux entrepreneurs de faire des choix éclairés et de bénéficier d’une protection adéquate pour assurer la pérennité de leurs activités.
Entreprendre est risqué !
Du point de vue général, si tout entrepreneur a une claire perception des risques qui peuvent entraver ses activités, l’étape suivante, dans la réalisation de son projet doit comprendre la préparation de tout ce qui y concourt, l’anticipation et la mise en place suffisante des dispositifs qui permettront d’identifier, de maîtriser et de gérer les risques. Toutes précautions qui contribuent à atténuer l’impact des risques sur l’activité de l’entreprise. Les entreprises qui réussissent à traverser des situations critiques sans déposer le bilan sont celles qui se sont bien préparées. Il m’est arrivé de voir de jeunes entreprises contraintes de suspendre leurs activités parce que suite à une coupure brusque d’électricité, une machine essentielle à la réalisation des prestations avait pris un coup. La machine ayant été importée et les pièces mécaniques la constituant n’étant pas disponibles au Bénin et dans la sous-région, il fallait acheter de nouvelles pièces et recourir à une expertise venant de l’étranger.
Un choc financier et opérationnel pour une entreprise qui débute à peine !
Sans une bonne assurance, ce choc peut être fatal pour la vie de l’entreprise. Et c’est là, une grande différence entre l’entreprise qui a anticipé et s’est préparée pour surmonter cet incident imprévisible et l’entreprise qui n’a pas pris les dispositions adéquates. Assurer une machine achetée à une quarantaine de millions de francs Cfa, peut revenir à payer une prime d’assurance d’environ cinq cent mille francs Cfa, sous réserve de l’analyse des données techniques. Le problème de certains entrepreneurs est qu’ils ne considèrent pas l’Assurance comme une de leurs priorités. Ils assurent leur responsabilité civile professionnelle lorsque cette assurance est obligatoire pour exercer ou pour soumissionner à un appel d’offres. Le contenu des garanties souscrites, leur adéquation aux risques inhérents aux activités de l’entreprise et la capacité de la compagnie d’assurance à respecter ses engagements, importent peu.
L’attention est portée sur le tarif. On cherche l’assurance la moins chère
Souscrire à une Assurance est une exigence quand on fait de la continuité des activités une priorité. Lorsque votre entreprise subit un sinistre, le rôle de l’Assurance est de la remettre dans la situation initiale en réduisant au minimum la période d’inactivité et les pertes financières liées au sinistre. Votre entreprise connaît un incendie. Des machines, du mobilier, des documents partent en fumée. L’Assurance vous indemnise sur la base de la valeur de ce que vous avez perdu. Un bon classement numérique des factures d’achats aide à avancer rapidement dans l’instruction du sinistre. Si les dégâts causés par l’incendie ont entraîné une suspension des activités de l’entreprise et donc des pertes de chiffre d’affaires, l’Assureur indemnise l’entreprise en considérant la marge prévisionnelle. L’Assureur agit conformément aux garanties souscrites, aux capitaux assurés, aux franchises et aux événements exclus. Dans nos prospections commerciales, il nous arrive d’entendre des Chefs d’entreprise dire que leur entreprise est bien assurée depuis plusieurs années mais sans qu’il n’y ait eu de sinistres. Ce qui revient à penser que les primes d’assurance n’ont servi à rien, tout compte fait. Le fait de ne pas déclarer de sinistre à votre assureur ne signifie pas qu’au cours de vos activités, aucun incident entrant dans le champ d’application de votre contrat d’assurance n’est survenu. Le contrat d’assurance est un outil dynamique dont les principales clauses doivent être connues des travailleurs, surtout des équipes opérationnelles. Ce partage transversal de l’information avec les équipes opérationnelles permet d’identifier et de relever les incidents survenus dans le cadre des activités de l’entreprise et de déterminer si ces incidents sont couverts par le contrat d’assurance. Ces analyses faites régulièrement donnent à l’entreprise les arguments techniques pour ajuster les clauses du contrat d’assurance afin que celui-ci joue pleinement son rôle.
Les bonnes pratiques à adopter !
Je vais me permettre de faire une petite digression. J’ai toujours eu la ferme conviction que lorsqu’on est petit et qu’on aspire à être grand, cela doit se voir dans notre façon d’être et notre façon de faire. Pour avoir du succès, s’inspirer des personnes qui réussissent assez bien, peut aider. Aujourd’hui, j’ai à la fois le privilège et la grande responsabilité de diriger une entreprise. Je m’y suis préparée dès mon stage de fin d’étude qui m’a permis d’obtenir mon Master en 2008. J’ai l’habitude de dire à mes jeunes collaborateurs et collaboratrices qu’on devient patron en apprenant à penser comme un patron. Pour revenir à notre sujet, je pense que les petites et moyennes entreprises devraient davantage s’inspirer des grandes entreprises, surtout en ce qui concerne la gestion et la couverture assurantielle de leurs activités. L’Assurance n’est pas une option. La prime d’assurance n’est pas une dépense dont on peut se passer. L’Assurance est un moyen de sécuriser la durée de vie de l’entreprise. C’est de cela qu’il est question: la durée de vie de l’entreprise. Malheureusement, les entreprises africaines ont des durées de vie très courtes, justement parce que beaucoup d’aspects sont négligés, notamment la gestion des risques.
L’Assurance est primordiale
Les grandes entreprises l’ont tellement bien compris qu’elles ont très souvent dans leurs équipes, au moins une personne dédiée à la gestion des risques et aux problématiques assurantielles. D’autres entreprises se font accompagner par des courtiers d’assurance, qui: créent de la valeur pour les entreprises et les personnes à travers la gestion et l’optimisation des risques; assurent un placement optimal du programme d’assurances tant en termes de prix que de couvertures; établissent une veille permanente afin d’alerter les entreprises sur des situations particulières de risques pouvant nécessiter des ajustements dans les couvertures; prennent en charge l’ensemble de la gestion des contrats et des sinistres afin de ne pas mobiliser de façon excessive les ressources internes des organisations; et enfin informent les clients, dès la conclusion des contrats, de la nature des modifications devant être déclarées aux compagnies d’assurance afin d’éviter des insuffisances ou des excédents de garanties et leur impact sur les sinistres éventuels. Je rappelle que la rémunération du courtier d’assurance est à la charge des compagnies d’assurance et sans incidence sur la prime d’assurance conformément au Code des Assurances de la zone CIMA dont le Bénin fait partie. Recourir à un courtier d’assurance est un «Must Have !». Malheureusement, cette information n’est pas bien connue du grand public. Cela s’illustre quand on compare les chiffres du courtage au Bénin à ceux des autres pays de la région. Au Bénin, 29% des primes d’assurance sont souscrites via les courtiers d’assurance alors qu’ailleurs, par exemple au Gabon ou en Côte d’Ivoire, le taux est d’environ 80%.
Quelques solutions disponibles au Bénin
Le volume des primes d’assurance souscrites au Bénin est passé de 66 milliards de francs Cfa en 2020 à 75 milliards de francs Cfa en 2021 selon les chiffres publiés par la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF). C’est un secteur qui croit, impulsé par le dynamisme économique que connaît le Bénin ces dernières années. C’est un secteur qui s’organise également afin d’être à la hauteur des enjeux du moment. Une quarantaine de courtiers d’assurance et une douzaine de compagnies d’assurance exercent au Bénin et sont capables d’offrir une expertise pointue, des capacités de souscription importantes pour les risques importants, des offres sur-mesure, des offres standardisées, des offres pour les particuliers, etc. La réglementation au Bénin rend obligatoire certaines assurances. Tout d’abord l’assurance maladie, obligatoire depuis le 1er janvier 2023. Chaque employeur a l’obligation de souscrire à une Assurance maladie pour ses employés, avec un taux de couverture minimum de 80%. Ensuite l’assurance automobile. Il faut noter que de belles innovations ont été faites au Bénin. Cette assurance a été enrichie avec des garanties d’assistance qui facilitent la vie aux assurés sinistrés. Encore faut-il avoir la bonne assurance auprès du bon assureur. Par ailleurs, dans le secteur de la construction, l’assurance tous risques chantiers et la responsabilité civile décennale sont désormais exigées pour les projets d’une valeur supérieure à 100 millions de francs Cfa. Enfin, l’assurance des marchandises importées au Bénin, visant à sécuriser les échanges commerciaux. Certains métiers pour exercer ont l’obligation de souscrire à une assurance responsabilité civile. Mais qu’on se le dise franchement, à partir du moment où, on est conscient qu’on peut causer un dommage à une personne physique ou morale en exerçant une activité, il faut souscrire à une assurance responsabilité civile. Le développement d’un pays est porté par les entreprises qui grâce à leurs activités génèrent les ressources essentielles à la réalisation des projets structurants et à la pérennisation des emplois. Pour assumer pleinement cette responsabilité à la fois économique et sociale, les entreprises doivent se protéger efficacement face à toutes les éventualités. L’Assurance est un élément indispensable dans cette équation.