Par Boris Mawuena
Selon le Rapport sur la politique monétaire dans l’UMOA, publié en décembre 2025, les conditions de liquidité se sont nettement améliorées au cours du troisième trimestre, favorisant une reprise du crédit bancaire au secteur privé.
Cette évolution fait suite à la baisse de 25 points de base des taux directeurs, entrée en vigueur en juin 2025. Le taux d’intérêt moyen pondéré appliqué au guichet des appels d’offres à une semaine de la BCEAO s’est établi à 4,16%, contre 4,75% au trimestre précédent, soit un recul de 59 points de base. De son côté, le taux débiteur moyen, hors taxes et charges, est ressorti à 6,67%, en légère baisse par rapport aux 6,73% enregistrés au deuxième trimestre.
La détente monétaire s’est également traduite par une baisse significative des rendements sur le marché régional des titres publics. Le taux moyen pondéré des bons du Trésor est passé de 7,72% à 6,83%, soit une diminution de 89 points de base. La BCEAO relève un recul particulièrement marqué pour les maturités courtes, notamment celles de trois mois. Les rendements des obligations ont aussi fléchi, s’établissant à 7,11%, contre 7,35% un trimestre plus tôt, avec des baisses observées sur la plupart des maturités, à l’exception de celle de dix ans.
Dans ce contexte plus favorable, le crédit bancaire au secteur privé a enregistré une nette accélération. À fin septembre 2025, il progresse de 6,0% en glissement annuel, contre 3,3% à fin juin. Cette dynamique soutient l’activité du secteur financier, dont l’indice affiche une expansion de 15,6% au troisième trimestre.
Pour la BCEAO, cette évolution reflète un meilleur accès des entreprises au financement, malgré la persistance d’incertitudes sociopolitiques et sécuritaires dans certains pays de la zone.